
Depuis un bon demi-siècle, la scène métal ne cesse de célébrer Lovecraft et son infernale horreur cosmique. Il suffit de jeter un œil à certains stands du Hellfest : ça déborde de reliques et d’artefacts lovecraftiens, trônant quelque part au milieu des tee Cannibal Corpse et Ultra Vomit. Glorieuse étrangeté, lorsque l’on sait que l’auteur de Providence était de son vivant hermétique à toutes formes de jubilations sonores.
La musique et lui, ça faisait deux. Et pourtant, son héritage est aujourd’hui plus présent que jamais, à l’épicentre d’une obsession partagée. Que les choses soient claires, la scène métal n’a pas le monopole des émanations lovecraftiennes. On en retrouve aussi des bribes dans le jazz noir, le rock psyché des 60’s, ou la musique ambiant industrielle. Mais rien n’est comparable au culte quasi prophétique que voue la musique métal à l’auteur de Providence. Probablement une question d’affinités universelles, de planètes qui s’alignent à la perfection, que ce soit dans la transposition des extrêmes, la représentation de la mort, la spiritualité, l’écroulement annoncé du monde ou encore l’insignifiance face à l’immensité. Il y a dans l’énergie heavy une affinité profonde avec les obsessions de l’auteur, un ADN partagé qui traverse les âges et les horizons, faisant de Lovecraft une infinie source d’inspiration pour des centaines (probablement plus) d’artistes à travers le monde. En regardant de plus près, un nombre colossal de groupes baigne de près ou de loin, dans le lore de l’auteur ou de ses Grands Anciens. Du death métal, du doom, de l’indus, du drone, il y en a pour tous les tympans même les plus assoiffés. Metallica, Cradle of Filth, Septicflesh, Blue Oyster Cult, les polonais de Vader, Anthropia, Puteraeon, The Darkest of the Hillside Thickets, le punk étrange de Rudimentary Peni, sans oublier Gwar et son fameux « Cuttlefish of Cthulhu » une protubérance phallique située au niveau des burnes du chanteur, qui asperge le public d’un étrange liquide aux origines méconnues… On ne va pas tous les citer ici, mais plutôt se concentrer sur une sélection d’exemples représentatifs. Des titres et artistes qui nous ont marqués, et qu’on a rassemblés dans une mixtape concoctée par nos soins.
➜ Extrait de l’article « L’essence du Métal » à lire dans S!CK #018 – Le numéro Lovecraft. Une exploration de l’héritage de Lovecraft, maintenant disponible sur le shop S!CK.











