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Les mots ne rendront jamais justice à ce qui était et ce qui restera l’une des plus belles plumes du rap français. Aussi technique que mélancolique, le verbe de Népal était imparable. Chacune de ses apparitions forçait l’admiration, l’hallucination d’une maîtrise de l’art qui a toujours fait de lui l’un des artistes les plus respectés dans son milieu. Hier soir, l’annonce tardive a secoué le monde du rap. Le 9 novembre 2019, Népal nous a quittés pour d’autres horizons et emporte avec lui l’espoir de le voir un jour exploser aux yeux de tous, même si cela n’a jamais semblé être la finalité.

Le grand public l’a sûrement déjà entendu au détour d’un featuring, sabrant les mesures aussi simplement que vous inspirez et expirez de l’oxygène. Sur Esquimaux de Nekfeu (extrait de l’album Cyborg), il brillait et s’imposait comme LE moment incontournable du projet : « Takeshi Kitano quand j’souris / Leurs efforts se soldent par de grands soupirs ». Impossible de ne pas relancer son passe-passe infernal avec Doums, moitié de leur groupe 2Fingz, sur Lucy, moment phare de Flip, premier album de Lomepal : « Pas comme but d’être ton modèle, j’suis ni ton père, ni ton frère / Les lois du marché sont austères : soit tu payes, soit tu crèves ».

Derrière le virtuose, derrière le pilier du collectif 75ème session, Népal cachait son visage : la musique avant tout de chose, le talent en guise de reconnaissance. Sa voix était unique, identifiable en un centième de seconde parmi un million d’autres, son flow respirait la quiétude. Producteur de renom, admiré par ses compères, il confirme son identité unique au détour d’un EP qu’on saigne depuis des années : 444 nuits. L’occasion de se prendre une gifle monumentale sur Rien d’spécial, son titre le plus connu à ce jour : « J’me demande c’est quoi les bails / Puis j’me rappelle que j’ai rien d’spécial / Donc j’gratte mais c’est poussif, le charley m’bousille / 2 heures après j’capte qu’c’est naze ».

Si ses projets restent confidentiels, ils imposent le nom de Népal comme un incontournable dans la scène underground du rap français. Son public reste à l’affût, impatient de se jeter sur le premier véritable album du rappeur, officialisé le 23 août dernier. Conformément à sa volonté, l’album Adios Bahamas sortira bel et bien le 10 janvier prochain, plusieurs titres et clips devraient être dévoilés dans les prochains jours. La saveur sera différente, teintée par sa disparition, mais on sait déjà que le talent ne pourra être qu’au rendez-vous. Une belle manière de lui dire adieu, sans jamais oublier ce qu’il a pu apporter à un mouvement musical dont il était assurément l’un des plus grands.

Par Sholid le

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