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C’est le tout dernier titre de l’album, l’épilogue crépusculaire des 23 morceaux d’un disque que l’on attendait depuis son annonce en 2012. Let it all work out n’est pas seulement la parfaite conclusion de Tha Carter V. C’est aussi une poignante confidence, dans laquelle Lil Wayne revient (entre autres) sur sa tentative de suicide.

À l’époque, Dwayne Michael Carter n’a que 12 ans. Sa mère vient de lui interdire de rejoindre le label Cash Money (et donc de rapper). Il trouve le pistolet planqué dans un tiroir, avant de se tire une balle dans la poitrine qui va frôler son coeur. Si sa tentative de suicide a déjà été évoquée sur London Roads, elle n’a jamais été explicitée de la sorte : « I found my momma’s pistol where she always hide it. I cry, put it to my head and thought about it. Nobody was home to stop me, so I called my auntie. Hung up, then put the gun up to my heart and pondered », il ajoute « I shot it, and I woke up with blood all around me ». Les mots sont sobres, il n’y a pas de métaphore, pas d’image détournée. Juste des phrases simples, qui décrivent un acte aussi tragique que fondateur dans la vie du rappeur. Un passage auto-destructeur qui a d’ailleurs été griffonné au dernier moment, greffé au morceau à la suite cet été des suicides de la designer Kate Spade et du célèbre chef Anthony Bourdain. Si la description de l’acte peut paraître voyeuriste de l’extérieur, elle donne surtout du corps à ce morceau qui narre les coulisses d’une vraie renaissance. Mieux, elle témoigne de l’état de maturité d’un homme prêt à mettre ses démons à nu (une réflexion déjà entamée quelques tracks plus tôt sur Open Letter). Ou comment sobrement sobrement achever Tha Carter V, un album hétéroclite au possible. 23 titres qui constituent la nouvelle pierre d’une série de LP attaquée le 29 juin 2004, lorsque le rappeur de la Nouvelle-Orléans a secoué le game avec Tha Carter premier du nom. Des années plus tard, la cinquième offrande de la saga ne fait pas les choses à moitié en dégainant quelques featurings à la hauteur de l’événement. D’abord le regretté XXXTentacion sur la complainte Don’t Cry, sans oublier Travis Scott qui fait copieusement monter la pression sur Let it Fly. Dope Niggaz sacre l’arrivée du grand Snoop Dogg, qui pose son rap sur des ambiances aux lointains échos psychédéliques. Une instru parfaite pour souligner l’harmonie des deux flows, propulsés par la diction stratosphérique d’un Dogg fidèle à lui-même. Autre habitué des featurings, le grand Kendrick Lamar qui fracasse tout sur le final monstrueux (pour ne pas dire surréaliste) de Mona Lisa. Pas non plus de quoi démonter Lil Wayne sur son propre album, qui multiplie les fulgurances, notamment sur la frénétique Uproar.

Bref, pas mal de belles pépites qu’on se fera un plaisir d’ajouter à une future mixtape de S!CK. On revient d’ailleurs sur les sorties hip-hop (notamment le dernier album de Mac Miller avant sa mort) dans le dernier numéro de notre revue. 150 pages de culture pop, sans pub. Vous pouvez jeter un oeil au sommaire complet juste là !

Par Random Hero le

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