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Le 29 juin 1999, le commun des mortels se prenait une claque monstre. Quoi que l’on puisse penser de la bande à Corey Taylor, Slipknot a au moins le mérite de ne pas être entré par la petite porte. Le succès fut puissant, rapide et furax. Seulement quelques mois plus tard, ces mecs-là étaient déjà incontournables. Seize ans après les faits, la furie du premier album de Slipknot est toujours aussi contagieuse.

On pourrait très bien attaquer notre prose en vous sommant de réécouter Spit it Out. Un énorme classique vous en conviendrez, qui résume toute la formule Slipknot en 3 minutes. L’art de choquer, le plaisir presque viscéral de faire passer un truc, de susciter une réaction chez une foule livide, endormie qui se réveille au contact de ces riffs déchainés. Qu’elle soit négative, admirative ou jubilatoire, la relation qu’entretient Slipknot avec son auditoire est au centre du processus créatif du groupe. La démarche est d’ailleurs sur le papier assez similaire à celle de GWAR. Si on vulgarise un peu les choses, les deux groupes ont pas mal de choses en commun : une horde de types déguisés déboule sur scène, retourne le cerveau de son audience, et lui crache à la gueule tout le venin du monde. L’obscénité est glorifiée, la violence exacerbée, et les tabous de la société bien pensante trouvent enfin une voix. Une voix qui porte, et surtout qui dérange. Sur le plan musical, GWAR est néanmoins bien plus heavy que Slipknot, ce qui pourrait peut-être correspondre avec la génération dont le groupe est issu.

Un gros classique du nu-métal


Dès leur premier album, les membres de Slipknot ont néanmoins su toucher plus de monde que leurs ainés de GWAR. Chose qui peut aisément s’expliquer par l’universalité des thèmes abordés par la bande de Corey Taylor, mais aussi par la plus grande musicalité des compos. Bien qu’elles sachent se faire discrètes quand il le faut, personne ne pourra nier la présence des mélodies dans la discographie du groupe, et ce, dès le premier album. La mise en forme a largement participé à ce succès monstre. Bien que Corey Taylor continue encore et toujours à exécrer les rouages du marketing, et de la culture du divertissement de masse en général (on fait ici référence à ses romans qui font plus office de pamphlets), le bougre sait exactement quelle corde tirer pour faire parler de son groupe. Bien qu’ils soient avant tout de redoutables showmen, les mecs de Slipknot sont aussi excellents dans le domaine de la communication. Et c’est probablement là que réside le secret de leur immense réussite. Il faut dire qu’une bande de types masqués qui hurlent des « Big mouth fucker, stupid cocksucker ! Are you scared of me now? Then you’re dumber than I thought » à qui veut bien l’entendre, ne passe pas vraiment inaperçu.

Des chiffres qui filent le vertige


Sans forcément abuser des ressorts du marketing traditionnel, la force de Slipknot est donc d’avoir su susciter la réaction. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, les gens parlaient d’eux (et c’est d’ailleurs toujours le cas, à une moindre mesure). Le bouche à oreille, voilà ce qui a constitué l’essence de cet immense succès, qui s’est confirmé à l’Ozzfest de 1999. Un an plus tard, le premier album de Slipknot était déjà le disque de métal extrême le plus vendu de l’époque. Depuis les rééditions ne faiblissent pas, et les nouvelles générations tournent autant sur des Eyeless et des Wait & Bleed que sur le nouvel album, The Gray Chapter. Le groupe est d’ailleurs en pleine tournée pour ce cinquième album, et vient d’annoncer une pause à la durée indéterminée avant d’attaquer la suite. Selon Corey Taylor : « On va achever cette tournée, et on va prendre quelques années de pause, histoire de laisser les choses se tasser. Tout le monde ira s’occuper de ses projets. Puis d’ici quelques années, on se réunira, et on verra bien ce qu’il se passe ».

Slipknot - NEWS06

Par Random Hero le

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