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Damn est un cri du coeur. S’il excelle autant dans son domaine, c’est surtout parce que Kendrick Lamar a su au fil des années dépasser les frontières d’un simple genre musical pour devenir la voix d’une société malade et d’une communauté oppressée.

Avec ses thématiques engagées, Damn est avant tout un album important sur le plan social. L’auteur de Alright continue son long et douloureux chemin de croix vers un monde où la haine laisse place à l’acceptation, et où l’incompréhension s’efface peu à peu au profit du partage. Un idéal que K-Dot porte avec détermination. Et si le propos reste nécessairement guerrier par moments, c’est bien la force de l’amour qui pose les fondations de Damn. On pense à des morceaux comme Feel, Humble ou Pride dans lequel Kendrick lâche un « Love’s gonna get you killed » très évocateur, car suivit de la phrase : « But Pride is gonna be the death of you, and you, and me ». On pourrait presque résumer une grande partie du propos de l’album avec ces deux punchline. Dans le climat de tension actuel (qui ne ronge pas uniquement les États-Unis) l’amour, le respect et la tolérance peuvent mener à la mort du corps. C’est la conséquence de répondre de manière pacifique à un ennemi qui ne tire pas de balles à blanc. Mais la fierté, le masque d’apparence, et l’art de rentrer dans le jeu de haine de l’ennemi assurent la mort d’une idéologie, et presque d’une communauté tout entière. À la violence et au climat anxiogène, Kendrick répond qu’il faut garder la tête haute, et rendre les coups en montrant que l’homme civilisé aura toujours le dernier mot. Face à l’élection de Trump et à l’urgence de la situation, beaucoup ont assumé à tors que Kendrick allait accoucher d’un brûlot vitriolé pour défendre sa communauté à cor et à cri. Au final, il livre un travail d’une rare finesse, où la poésie et le langage cru ne font plus qu’un. On le répète, sur le plan musical c’est un très bon album. Mais sur le plan humain, c’est surtout la meilleure réponse possible.

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Par Random Hero le

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