Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Cela ne vous a pas échappé : la Trap Music, ce genre violent venu de l’autre côté de l’Atlantique se popularise dans toute l’Europe, et même bien au-delà. Il semblait donc nécessaire de s’y intéresser. Car au-dessus même de la richesse musicale qu’elle comporte, elle a toutes les caractéristiques pour devenir un des genres primaires de l’électro… quitte à perdre ses origines pour se fondre dans la masse.

Rappel des faits


La Trap Music découle d’un genre sud-américain, le trap-rap, qui émane du côté d’Atlanta et ses horizons au début des années 2000. Il siégeait dans les quartiers chauds des fesses, où le trafic de drogue était une institution : là où vous alliez au collège étudier la grammaire de Mme Michon, d’autres mecs faisaient tourner la came directement via un système de trappes, qui reliait la rue aux caves des immeubles. Un nom tout trouvé, popularisé par un certain T.I. et son album Trap Muzik. Puis, petit à petit, la Trap Music a évolué. Le genre a muté doucement, s’est exporté, et a intégré les bases musicales d’autres courants bien connus : la dutch house, le dubstep, le drum & bass et plus globalement la construction de l’électro traditionnelle, tout en gardant l’âme du courant hip-hop. Mais qu’advient-il vraiment de la Trap Music ? Comme tout genre qui connait le succès, des artistes stars s’en mêlent et le font tomber dans la vase commerciale. Est-ce déjà le cas ? Clairement. Mais le style est loin d’être déjà mort pour autant. Puisque à l’instar de ce qu’a fait le dubstep en son temps, une partie de la scène résiste encore et toujours à l’envahisseur mainstream.

Un scène underground toujours présente


Pendant des années, la Trap Music est restée un genre underground, avant de se démocratiser dans les années 2010. C’est à partir de cette date-là que le genre toucha du doigt le succès international. Aujourd’hui c’est simple, on l’entend un peu partout. Vous êtes à peu près sûr de danser dessus à un moment donné en club, pour peu que ce ne soit pas une boite spécialisée dans la merde dancefloor qui fait danser votre cousine Leïla de 13 ans. Et la raison de son succès est simple : la montée en tension, souvent classique, mais terriblement efficace. Le tout aboutissant sur un lâché de basses lourdes et modulées, doublé d’une mélodie souvent simpliste qui ferait bouger n’importe quel boule un peu décontracté. Et c’est là qu’interviennent les grands artistes des indépendants : d’un côté, nous avons la Trap violente, réservée aux aficionados un peu shootés. La complexité musicale est difficile à aborder, mais infiniment gratifiante puisqu’elle dérive dans des sous-genres comme l’acid-trap ou la trap-step. Et de l’autre, les tracks plus simples dans leur construction, plus ouvertes, et souvent associées à des remix de chansons populaires. Ce qui ne donne en aucun cas de mauvaises musiques, du moins pour l’instant, puisque la Trap n’est pas encore totalement exploitée à fond par les grands DJs commerciaux.

Un genre bientôt dénaturé ?


Ce qui nous amène à tirer ce trait : l’avenir de la Trap Music ne sent pas bon. À l’instar de la Dubstep, elle va probablement se faire connaître au grand jour par des featurings douteux et des productions qui riment plus avec «$ » qu’avec amour de la musique. Alors que le courant semble se diriger doucement dans ce sens, il existe une énorme flopée d’artistes qui alimentent chaque jour l’univers de la Trap Music. Des compositeurs peu connus, aux productions plus hardcores et qui sentent bon l’indépendance. Le marché de la Trap vit grâce aux dizaines de chansons qui éclosent chaque semaine sur les sites spécialisés tandis que les gros poissons s’approprient le genre. Le risque ? Une perte de personnalité de la Trap avec sa « mainstreamisation » par les gros studios musicaux, et un enrichissement de son univers en cachette par des indés, qui diffusent via des médias parfois trop obscurs. Le processus est déjà en marche avec un certain Turn Down For What, repris un peu partout au cinéma, où l’on peut admirer une douce évolution du style vers une écoute plus large et accessible. Plus que jamais, il faudra savoir ou chercher.

Par Naxi le

Plus de lecture