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On peut au moins reconnaitre à Steven Ellison le talent d’avoir su faire émerger aux yeux du monde une musique venue des tréfonds de l’underground. Il est un peu l’ambassadeur grand public d’un milieu perdu dans l’ombre. Sa renommée est d’ailleurs telle, qu’il peut désormais profiter de la visibilité du monde mainstream tout en continuant sa route obscure. Entre émanations jazz / soul, hip-hop, sonorités urbaines et expérimentations diverses et variées. Un cocktail vous en conviendrez peu commun, qui a su faire des adeptes depuis maintenant pas mal d’années. 5 albums plus tard, le phénomène FlyLo ne désemplit pas. Sous l’égide de son désormais reconnu label Brainfeeder, il peut se permettre d’inviter des mecs comme Kendrick, Snoop et Tom Yorke, tout en produisant le prochain Mr Oizo.

Difficile de paraître surpris en assistant à la débâcle de ce nouveau FlyLo, qui part une fois de plus dans tous les sens. Comme ses prédécesseurs, You’re Dead fourmille d’idées, de concepts, d’ambiances et d’univers qui s’enchainent au sein d’un tout assez hétéroclite. Le cerveau de Steven Ellison est une machine créative en ébullition qui ne sait vraiment jamais où s’arrêter. C’est d’ailleurs l’éternel reproche que feront les détracteurs du natif de Los Angeles. Ses formats courts laissent très peu de place au répit, multipliant les ambiances lounge et autre bizarreries jazzy, avant de repartir sur une track dans la plus pure tradition beats. 38 minutes réparties sur 19 titres, c’est presque aussi long que le dernier EP de Burial, qui ne comportait lui que 3 pistes. Deux cas extrêmes dans leur domaine respectif, qui ne font qu’assoir un petit peu plus leur statut d’artistes hors-normes. Le message est clair : FlyLo n’est pas encore prêt à faire comme tout le monde, et la substantifique moelle de ses différents morceaux le prouve une nouvelle fois. Aussi courts (mais intenses) soient-ils.

Sur un coup de tête, on aurait facilement pu dire que You’re Dead fait résolument partie des meilleurs prod de Steven. Mais il reste difficile de réellement être en mesure d’affirmer un tel truc. Réécoutez 1983, Cosmogramma, ou même Los Angeles. Chacun de ces albums représente un stade de l’évolution artistique de leur géniteur. Tout en gardant la même ligne de conduite, la proposition de FlyLo évolue doucement mais surement, en prenant le soin de ne jamais perdre son auditoire. C’était d’ailleurs beau de voir l’intéressé en panique sur les réseaux sociaux juste après le leak de l’album, demandant toutes les 5 minutes sur Facebook et Twitter aux gens ce qu’ils pensaient de You’re Dead. Dans notre cas, la réponse est beaucoup de bien. L’excellente double intro Theme / Tesla condense une belle entrée en matière, qui mènera ingénieusement deux morceaux plus tard à la première et unique grosse track de l’album (entendez par là qu’elle dépasse les 3 minutes). Never Catch Me pourrait presque passer pour un single radio edit. Pour une fois FlyLo rentre dans le moule, et délivre il faut bien le dire une superbe track, accompagnée d’un Kendrick Lamar décontracté, qui déballe un flow digne des années 90’s. Sans forcer. L’instru est absolument folle, jouant de son aura planante et de ses percussions ininterrompues.

Même constat pour la montée salvatrice d’un Turkey Dog Coma, qui rappelle lointainement le Computer Face remix que les joueurs de Grand Theft Auto V ont surement du entendre sur la station radio hostée par Steven Ellison lui-même. On reconnait bien les bizarreries de FlyLo sur The Boys who Died in their Sleep, ou encore Ready Err Not. On pourrait aussi épiloguer sur le lyrisme d’un You’re Potential, ou encore Moments of Hesitation. Ellison le bricoleur, Ellison le sensible, Ellison le boucher, puis Ellison le poète. Les multiples casquettes s’enchainent sans transition, noyant sous un amas expérimental ce qu’il restait d’un sentiment de cohérence. Le truc, c’est que l’on n’attend pas d’un mec comme FlyLo qu’il se mette à être cohérent. Quitte à devoir se saquer dans le lot des tracks infâme comme Dead Man’s Tetris, que vous ne pourrait jamais passer décemment en soirée sans avoir un connard qui vous demandera d’un air circonspect « Mec, c’est quoi cette merde ? ». C’est le nouveau FlyLo, fils de pute.

FlyLo - VERDICT

Par Random Hero le

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