Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Yessir Whatever, de Quasimoto

Undergroud’s up !

Lorsque l’ultra-prolifique Madlib laisse place à son alter-égo Quasimoto, ce n’est jamais sans avoir pris au préalable rendez-vous avez le succès. Producteur hip-hop majeur des années 2000, le monsieur poursuit avant tout – à sa manière bien propre – l’héritage d’un genre directement tiré des 90’s. Si il est connu pour être l’homme aux milles pseudonymes, sa patte artistique se reconnait entre mille: un hip-hop jazzy, ultra posé, affublé de sérieuses tendances psychés, le tout ornant fièrement un flow expulsé au rythme du va-et-vient d‘un épais nuage de fumée. Une recette à succès qui a fait de The Unseen, un LP universellement acclamé, de la plus pure scène street jusqu’aux gros titres des mag mainstream. 13 ans plus tard, Yessir Whatever vient dépoussiérer 12 inédits. Du matos rare, unrealeased, qui voit enfin la lumière du jour.

Avec Madlip, rien ne semble être voué à l’oubli. De la moindre étincelle d’idée, le micro flash, l’infime début de matériel suffit pour révéler un potentiel qui ne restera quoi qu’il arrive pas inexploité. Et si en terme d’instrumentale pure, le style Quasimoto semble à première vue voué à tourner dans les même sphères, c’était surement sans compter sur le talent de recherche et de production de Lord Quas (un autre alias) qui s’évertue constamment à apporter la nouvelle idée, le détail qui tue, cette subtilité qui fera toute la différence.

Fidèle au procédé unique de l’enregistrement au ralenti, puis ré-accéléré en post-prod, l’effet de voix gonflée à l’hélium (ADN pure de la touche Quasimoto) distille toujours avec talent un flow unique, apportant aux tracks une distance non empreinte d’un second degrés sur l’artiste lui-même, mais également sur tout un genre. Un travestissement de la voix qui fait bien souvent office de rupture (comme sur le très bon Astronauts) avec le reste des lyrics plus graves, plus naturels, mais reconnaissons-le: tout aussi excellents.

Grandement empreint d’une influence jazz prédominante (comme sur l’excellent The Front), la formule Quasimoto s’avère bien entendu infiniment plus complète. Scratch, sample 90’s, distordions psychées (Seasons Change), drums plutôt posées (Sparkdala), nappage aux touches funk lointaines (YoungBlood), ou bien background soft-électroniques (Brother’s Can’t See Me), tout est méticuleusement déposé dans un soucis d’équilibre et de balance des différentes composantes qui vont créer cet ensemble qui tout en reflétant une simplicité reposante, arbore en réalité une construction complexe. La marque du génie? Peut-être, peut-être pas. Mais c’est en tout cas la clé de voute qui font de cette douzaine de morceaux un trip dont on ne décrochera pas. 33 petites minutes, pour une moyenne de 2:30 par pistes: il n’en faudra pas plus pour s’isoler de la réalité.

Si il reste difficile de comparer ce florilège avec les deux premiers opus sortis en 2000 et 2005, cette petite parenthèse Quasimoto sonne comme une bouffée d’air frais dans la carrière d’un Madlib déjà sur tous les fronts avec son projet colossal Medecine Show, composé de 13 albums (rien que ça). Une série d’inédits enfin mise à la lumière du jour, qui ravira paradoxalement toutes vos fins de soirées.

Quasimoto - VERDICT

Par Yox le

Plus de lecture