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Wonderland, de CEO

Pop hallucinée

On trouve tout un tas de trucs dans le nouvel album de CEO alias Eric Berglund, l’autre moitié du duo swedish-electro The Tough Alliance. Des cavales pop effrénées, des parenthèses stratosphériques sous acides, ainsi que toute une panoplie de références plus ou moins subliminales. Mais ce que l’on retient le plus, c’est qu’à l’image de l’œuvre de Lewis Caroll elle-même, Wonderland cache sous sa couverture d’une apparente niaiserie quelque chose de bien moins juvénile : une extrême quantité de drogue.

Sur l’échelle d’Alice au Pays des Merveilles, Berglund a facilement atteins un pallier très profond dans le terrier du lapin blanc. Il a bouffé un stock de gâteaux rigolos, avalé toutes les potions sans lire les étiquettes, parlé à une ribambelle d’animaux, et c’est à peu près à ce moment-là qu’il a décidé d’accoucher de Wonderland. Cette exubérance typique du fondateur du Label Sincerely Yours, on la retrouvait déjà sur l’opus White Magic sorti en 2010. Un album qu’on a tous fait l’erreur d’allègrement passer, ce qui s’est révélé être une énorme déconvenue pour peu que la pop colorée et pleine d’espoir fasse partie de vos aspirations musicales.

Cet espoir constamment mut par la recherche maladive du bonheur, constitue une fois de plus le cœur du propos d’Eric Berglund. Étrangement, c’est encore quand il en dit le moins que ça passe le mieux. Car CEO est avant tout un formidable musicien, qui maîtrise à la perfection l’art d’imprimer sa mélodie sur un lobe temporal. Les tubes canoniques Whorehouse et Wonderland ne sont pourtant pas les plus percutants. En franchissant allègrement le seuil de guimauve toléré par la conscience humaine, les deux titres finissent par desservir le message original, qui n’avait pourtant comme unique ambition celle de divertir convenablement l’esprit. Un peu à l’image de RAM, la substantifique moelle repose ici ailleurs que dans les titres qui tirent la couverture.

On parle du delirium exotique d’un Mirage, ou bien de l’aura à la fois inquiétante et lumineuse de In a Bubble on a Stream et OMG, qui pourraient littéralement sortir de l’OST d’un épisode de Final Fantasy. Au-delà de l’aura Burtonienne ambiante, la musique de Berglund fait appel à tout un lot de souvenirs d’enfance, de peurs universelles et de fantasmes, qui sont aussi probablement les siens. Les lointains cris infantiles s’entrechoquent avec les samples de Feathered Cocaine (un docu qui expose les liens historiques entre la CIA, le KGB et Al Qaida), et les déclarations d’amour à Jennifer Lawrence. C’est-ce même chaos désorganisé qui fait la force de la justement nommée Ultrakaos, ou encore de l’excellent Harakiri, une ballade mélancolique sous les néons. Deux titres qui offrent toujours cette même sensation d’un monde sans limites, le tout sous le couvert d’une pop hallucinée, à défaut d’être véritablement hallucinante.

CEO Wonderland - VERDICT

Par Random Hero le

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