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Warpaint, de Warpaint

Parenthèse hypnotique

Balancez quatre nanas dans un groupe indie-rock qui ne demande rien à personne, et c’est l’événement de l’année. Quoi qu’on en dise, Warpaint est vraiment survendue par la presse. C’est d’autant plus triste de se dire que si ça avait été 4 paires de couilles venues d’un village paumé du Jura, tout le monde s’en serait copieusement battu les reins. Triste, parce qu’il y a bien quelque chose chez les Californiennes, au-delà du fait qu’elles aient des guitares au bout du bras et un vagin entre les jambes. Sobrement baptisé Warpaint, leur second LP distille un rock atmosphérique, noir et tourmenté. Une perle noire, que l’on écoute d’une traite avec de recommencer.

Et ça, c’est loin d’être donné à tout le monde. Bien d’autres formations s’y sont cassé les dents. Le rock cérébral n’étant pas juste un genre à part entière, c’est une discipline. Ou l’art de trouver un juste milieu entre la stratosphère et le plancher des vaches. Quoi qu’on en dise, ces filles savent prendre quelqu’un par la main. Et une fois que c’est fait, elles ont l’incroyable capacité de t’emmener où elles veulent. Comme une version moderne d’un chant des sirènes, on devient face à ce quatuor plantureux de véritables suiveurs. On fond littéralement, doucement charmé par ces voix qui s’enchevêtrent tout en volupté. Séduit par ces arrangements organiques aux guitares tournoyantes, appuyés par une batterie incertaine et de timides synthés. On est loin de l’image réductrice du groupe glam, rongée jusqu’à l’os par les tabloïds.

Il est pourtant d’utilité notoire de reconnaitre que les filles de Warpaint ont su utiliser cette carte postale à leur avantage. Leur premier EP Exquisite Body, mais surtout la tournée de l’album The Fool leur a donné de l’assurance. Elles se font plus séductrices, plus conquérantes, avec toujours cette juste dose de retenue. Drive, Son, Biggy, Hi ou encore Disco/Very sont autant d’exemples réussis qui caractérisent avec précision la musique hantée de Warpaint. Glaciale, perdue, insaisissable, multipliant les différentes influences comme la dub ou le Hip Hop, qui viennent subtilement ajouter de nouveaux filtres à cette musique à la fois crade et éthérée. C’est l’héritage Massive Attack, du The XX moins attiré par la lumière.

Peut-être trop dans l’ombre pour certains justement. Trop perdu, pas assez accessible. Effectivement, Warpaint n’a rien d’un disque immédiat. Sans aller jusqu’à dire qu’il se mérite, l’album se dompte au fil des écoutes. Il intrigue d’abord, s’imprègne ensuite, et enivre jusqu’à plus soif. Il n’est pas dans la recherche d’un public large. Il ne manque pourtant que quelques subtils réglages. Un peu plus de ci, un peu moins de ça pourrait ouvrir bien des portes. Qu’importe, Warpaint reste Warpaint. Pas de pression, pas de bullshit, juste de la musique. La leur, et de la bonne qui plus est.

Warpaint - VERDICT

Par Random Hero le

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