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On sentait bien venir la douce escroquerie. L’album parfaitement calibré pour satisfaire le bon gout autoproclamé d’une bande de petits connards élitistes, mais infiniment trop lisse pour le reste de la plèbe. Ça puait le vernis jusque dans cette jaquette épurée dégoulinante de bon gout, que l’on rangerait volontiers aux côtés de la galette d’un Woodkid, déjà maculée d’un voile de poussière. Des 10 titres de War Room Stories, il ne restera pourtant qu’un gros « ta gueule », et une furieuse envie de redémarrer la bête. À l’issue de ce second album, la petite clique de Roman Parrak confirme une chose et une seule : Breton est, et restera un groupe à suivre dans les années à venir.

S’il y a bien un truc que le collectif londonien a pigé, c’est que pour percer dans ce bas monde, la hype est bien plus importante que tout le talent de l’univers. Breton, ce n’est pas juste de la musique, c’est un background millimétré, une story en or qui fait joli dans les colonnes de magazines. Celle de ces 5 mecs venus de différents milieux, qui se retrouvent dans les locaux désaffectés d’une vieille banque de la capitale britannique pour composer. Le labo. De ce cocon créatif émergeait un Other People Problem sur lequel on n’ira pourtant pas cracher. Un album prenant qui dissimule derrière ses couches de vernis parfois trop superficielles, une musique à la fois contemplative et savoureusement terre-à-terre, voilée d’un nuage d’une gentillette noirceur.

Depuis les Bulldozers sont passés. Le labo n’est plus, exportant toute l’équipe jusque dans les locaux berlinois d’une station de radio communiste à la dérive. Un chapitre se tourne, l’histoire continue, et le story-telling avec. Il y a pourtant bien d’autres raisons de parler de Breton. Au-delà de ces tentatives plus ou moins discrètes de marcher sur les plates-bandes d’un Foals abondamment arrosé d’électronique bon marché, le groupe se distingue par une signature musicale particulière. Il y a bel et bien un « son » Breton. Une étiquette reconnaissable, qui trempe dans différentes influences, nourries par la somme d’individualités qui compose la formation. Ça passe par la pop un brin too much d’Envy, la bass-line d’un Gesaffelstein en sous régime dans Got Well Soon, ou bien l’envolée cinématographique de Closed Category.

C’est pourtant dans la retenue monocorde d’un S4 que l’entité excelle. La construction y est méthodique, alternant dans un équilibre instable contemplation, mélancolie et escalade salvatrice. L’expérimentation continue avec la combativité d’un Legs & Arms, qui voit le papillon bleu doucement déployer ses ailes. La suite faite de haut et de bas relève d’une affaire de gouts. Jusqu’à Fifteen Minutes, soit l’explosion finale en bonne et due forme, selon Breton. Tantôt sincère, d’autres fois trop gentillets, mais toujours délivré avec justesse, War Room Stories est peut-être après tout la douce escroquerie que l’on craignait tant. Une arme silencieuse dont le seul vrai tord reste probablement de tout vouloir faire un peu trop bien.

Breton WRS - VERDICT

Par Random Hero le

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