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Voilà 5 albums que les natifs de Cincinnati (Ohio) inondent les ondes de leur sobriété contagieuse. Pourtant, ce n’est qu’en 2010 avec High Violet que la formation emprunte les chemins de la reconnaissance populaire, succédant à des années d’acclamations critiques, de Sad songs for Dirty Lovers (2003) jusqu’à Boxer (2007). Emmené par la voix grave et caverneuse de Matt Berninger, The Nationnal enveloppe la mélancolie dans un voile de soie, apportant avec distinction des mots sur les maux, sans jamais se vautrer dans la complainte ni le caprice. Mettant une valeur première dans la perfection du dosage, le quintette exècre la notion du trop. Quitte parfois à ne pas en faire assez.

Dès la première écoute, la proposition étonne. Exposant paradoxalement une familiarité presque monotone à une aura nouvelle – plus lumineuse – quittant les recoins plus sombres et brumeux de ses géniteurs pour laisser filtrer quelques rayons de soleil perçant depuis les hautes cimes. L’image est évocatrice: Trouble Will Find Me est la définition d’un album « joyeux » chez National. De quoi faire sourire tant la propension à écouter les 5 d’Ohio un jour de pluie crève le plafond. Il y a pourtant une once de clarté bien nouvelle chez la formation. Singularité de cet nouvelle itération, les arrangements classieux viennent souvent jouer avec une voix moins renfermée, plus déployée (Don’t Swallow the cap, Fireproof…) pour un résultat toujours chargé d’émotions.

Que les vieux routiers se rassurent, les textures obscures restent bel et bien à l’honneur. A commencer par Humiliation, qui plonge dans 5 minutes de stase presque mystiques dont il est difficile de se détacher. Sur Demons, le leader/chanteur imprime sa signature vocale baryton des plus rocailleuses, soutenu par des arrangements élégants résonnants comme de lointains échos. En retrait, pour mieux revenir plus fort. La montée est discrète, fébrile, pour mieux nous emporter? Sûrement.

Pourtant ce n’est qu’à très peu de reprises que le groupe se laisse véritablement submerger par son émotion à fleur de peau, faisant malheureusement des emballements à l’image de l’excellent Graceless. Des trésors bien trop rares. Comme si tout était méticuleusement soigné pour que rien ne perturbe l’unité apaisante de ce disque qu’on avale en une seule fois. 55minutes envoûtantes à coup sûr, maniant à la perfection la science de la monotonie, sans jamais la faire rimer avec ennuis.

Une maitrise presque obsessionnelle qui se met bien heureusement au service d’un album chargé de vécu, peut-être finalement plus accessible (même si ont est loin de l’universalité de Exile Vilify, entendu dans la bande-son du jeu Portal 2). Allégorie la plus probante, Sea of Love s’impose comme un lead single qui donne au propos un relief inattendu, brisant avec talent ce concert monocorde. Véritable coup de cœur, This is the Last Time injecte une sobriété presque aérienne aux accords d’une mélodie épurée qui reste en tête.

Album contemplatif, disque de transition, Trouble Will Find Me sacre le changement dans la continuité. S’éloignant timidement de leur zone de confort, le quintette d’Ohio n’hésite plus à flirter avec la chaleur d’un rayon de lumière tout en livrant un album finalement presque trop sage. En somme une force tranquille, dont on ressort spectaculairement apaisé.

National TWFM - VERDICT

Par Yox le

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