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Paul Smith a beau essayer encore et encore, Maximo Park ne semble pas pouvoir se détacher de la timide courbe de progression qui leur sert de discographie. Too Much Information, leur cinquième album ne bouleverse pas la tendance. Il ne prend pas à contrepied, et ne permet aucunement au quinquet postpunk / indie déniché par Warp Records de redistribuer les cartes. On est certes un tantinet moins tape-à-l’œil qu’au temps des Apply Some Pressure / Our Velocity. Mais c’est l’époque qui le veut. Ça, ou bien la décennie de plus au compteur. Pour le reste, ce sera du Maximo Park pur jus. Et dans un sens, lorsque l’on parle d’un groupe qui n’a clairement plus rien à prouver, c’est plutôt une bonne nouvelle.

C’est en revanche bien plus problématique pour des oreilles plus sensibles à la démarche de prise de risque. Le « pot pourri d’influences » annoncé n’y fera rien, les garçons de Newcastle se trimballent toujours dans le même costard. Un deux pièces toujours aussi bien coupé, mais qui commence doucement à se faire de plus en plus serrés, étouffant au passage une bonne partie de la puissance créatrice du groupe. L’ouverture Give, Get, Take tente désespérément de donner le punch qui nous fait partir du bon pied. C’est pourtant l’hypnotique frisson noir new-wave Brain Cells qui ouvre véritablement les hostilités. Les tons graves tout en rétentions de Paul Smith constitueront par la suite l’essence principale de ce cinquième LP, alternant tubes stadium ready et ballades plus intimes marquées de lyrics auto confessés au sommet de leur art.

C’était déjà une furieuse tendance dans l’album The National Health, et Too Much Information confirme qu’on ne fait pas qu’entendre les Maximo Park : on les écoute. C’est certes musicalement moins percutant, mais lyricalement parlant, les contes nocturnes sur la solitude, les amitiés d’un soir autour d’un verre et les échanges amoureux poétiques faits de métaphores filées agissent comme des catalyseurs sur la musique du groupe, qui en ressort indéniablement grandie. Ils s’appellent Leave this Island, Lydia the ink will never dry, Midnight on the Hill ou encore My Bloody Mind, et ils représentent plus ou moins ce que cet album à de mieux à offrir. À chaque fois on apprécie l’univers, le message, la vie derrière les arrangements. Et surtout l’image d’un Rock anglais dans les tons graves qui sait aussi se montrer léger.

Le sympathique I recognise the light se paye même un petit retour 10 ans en arrière, époque révolue de l’émergence des nouveaux groupes Indie rock, dont Maximo Park faisait partis avec le canonique A certain Trigger sorti en 2005. C’est du Bloc Party époque Silent Alarm, du Franz Ferdinant époque You could have it so much Better. Plus surréaliste, les premières notes de l’électrique ballade Is it True sont pratiquement tirée note pour note du début de White Wedding, de Billy Idol. Billy putain d’Idol sérieux. Relativement beau quand on y pense, même s’il est humainement (et capilairement) impossible d’égaler le mythe. Quoi qu’il en soit, en jouant dans la même cour depuis 2005, Maximo Park a su s’imposer comme un pilier de bar, un groupe sur lequel on peut compter pour continuer à faire ce qu’il sait faire de mieux. Dans l’ultime chanson, on peut entendre Paul Smith scander à répétition « You know where we’re going ». Tout un symbole.

Maximo Park TMI - VERDICT

Par Random Hero le

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