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Tokyo, de Joke

Destination Tokyo Narita

Souvent comparé à A$AP Rocky, Joke a choisi l’année 2013 pour exploser médiatiquement. Le rappeur français le plus ricain du moment vient de pondre un nouvel EP, sobrement baptisé Tokyo. Insatisfait de l’état actuel du rap français, Jokeezy compte bien remuer les choses, tout en se posant dans les thématiques habituelles du genre. C’est le plus grand, c’est le plus beau, c’est le plus fort, mais que vaut vraiment Joke derrière un micro ? Réponse dans la suite !

Teinture blonde, visière Lacoste, Joke semble tout droit sorti d’une autre dimension : celle du je-m’en-foutisme. Son attitude se reflète dans la désinvolture de son flow, qui sert des phrases qui s’allongent sur les productions comme un bon gros majeur en l’air. C’est son style, c’est son genre et c’est ce qui fait de Joke un OVNI dans le rap français.

Après une intro classique et efficace, les choses sérieuses commencent avec la première bombe de l’EP : Tokyo Narita. Le ton est donné, Joke nous revend de l’égotrip en grande quantité et la sauce prend directement. Il ne réinvente rien et se pose dans l’éternelle tradition qui vise à vanter les mérites de la taille de son pénis : « Ta meuf mesure ma queue quand elle a ses règles ». Violent ! On est alors partagé entre deux réactions : s’offusquer de paroles aussi offensantes ou juste sombrer dans un univers sonore qui lui est bien propre. Il suffit d’écouter les premières paroles de Django pour se rendre compte que le rappeur ne se pose aucune limite et il le jure « Sur la chatte à Catwoman, sur la chatte à Halle Berry ». Vous voilà prévenu !

Inspiré par le hip-hop américain, Joke ne trompe personne et assume ses racines musicales, notamment lorsqu’il rend hommage à l’une de ses plus grandes inspirations dans Max B, un rappeur ricain condamné à finir le reste de sa vie derrière les barreaux.  Mine de rien, le titre en est presque touchant, même si Joke ne perd jamais de vue son attitude de gros balourd.

La touche asiatique de l’EP n’est pas pour autant noyée dans la masse, puisqu’on retrouve tout de même certaines sonorités orientales. Harajuku en est  l’exemple parfait, le symbole d’un rap électrique qui s’est pris un coup de Taser dans les cordes vocales, mené par des textes souvent placés en dessous de la ceinture, et par conséquent cruellement jouissif. Comme d’habitude, inutile de prendre tout au premier degré, les «Nigga » et « Modafoka » étant juste les gimmicks (parfois lassant) du rap actuel.

Par ailleurs, il convient de s’incliner face aux choix de productions sur lesquelles Joke pose. D’Aurore boréale à PLM, les beatmakers œuvrant sur cet EP ont fait de l’excellent boulot. Ni plus, ni moins !

Mais le titre qui fait le plus parler de lui, c’est bien entendu Louis XIV. Derrière le monarque le plus célèbre de France se cache une petite boucherie de l’égotrip, le genre de titre aussi simple que diaboliquement accrocheur. Joke dispose d’une aisance provocante, qui donne autant envie de lui foutre une claque que d’applaudir certaines de ses punchlines « J’vais faire un tour au cimetière, j’t’offre les mêmes fleurs que Baudelaire ». Le rap de Joke, c’est le mal et c’est pour ça qu’on l’aime !

Joke explose dans Tokyo, un projet varié, provocateur et accrocheur qui vaut clairement le détour. Les allergiques aux égotrips pesteront surement les textes gratuits offerts par le rappeur, mais force est de constater que la dizaine de titres de Tokyo remplissent l’objectif initial de son auteur : faire bouger les choses. Il n’en fallait pas plus pour imposer Joke comme l’une des valeurs sûres du rap français.

Joke Tokyo - VERDICT

Par Sholid le

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