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The North Border, de Bonobo

Au-delà des frontières

Figure majeure du label Ninja Tune, Simon Green aka Bonobo coupe, colle, découpe et recolle. Comme un génie aveugle qui ne se repère que grâce à la musique, il assemble les sons comme un puzzle sonore géant. Une fresque qui grandit sous vos yeux pour mieux vous entrainer dans ses méandres, ces détails que vous ne découvrirez qu’à la dixième écoute et qui feront toute la différence. Pas de doutes, Bonobo plane au dessus de l’industrie musicale comme un enfant surdoué. Son cinquième album, The North Border, est le testament de près de 15 ans de maturation.

Depuis l’avènement de l’excellent second LP Dial M’ for Monkey sous le sceau sacré Ninja Tune, Simon Green a officiellement déclaré à la planète entière son amour inconditionnel pour l’instrumental. Une musique sous représentée, vectrice d’émotions, souvent bien plus évocatrice que tous les textes du monde. Nous étions en 2003, et depuis, la musique de Simon Green n’a cessé d’apparaître dans de nombreux médias, comme Lost, SSX On Tour, Skins, ou encore plus récemment Sleeping Dogs pour ne citer qu’eux Cirrus, le premier extrait dévoilé de The North Border reste un des retours aux sources dans le plus pur style de Bonobo. Son clip tout simplement ingénieux, fait de découpages et de collages vidéos, peut être considéré comme une allégorie du travail d’orfèvre que Simon effectue additivement parlant sur chacune de ses pistes. Le résultat impressionne et laisse tout sauf indifférent. Comme noyé dans une mosaïque qui enroule plusieurs sens à la fois. La prouesse artistique ne tourne jamais à la démonstration, elle est modeste, humaine, et au service d’une émotion qui sonne extrêmement juste.

Dans Ten Tiger, la technique du sample est encore une fois mise sur un piédestal. Les sonorités (dont quelques-unes qui semblent tout droit tirées d’un album de Ratatat), les bruits familiers, tintements métalliques, clinquements mécaniques, et autre claquements de doigts s’imbriquent les uns aux autres dans une harmonie qui prend à contre pied, soulevée par un beat régulier d’abord, pour mieux se faire emporter par un violon salvateur quelques secondes plus tard. Antenna poursuit lui aussi ce retour aux sources avec un beat terriblement old-school qui pourrait en faire le frère caché d’un certain Flutter, sorti 10 ans plus tôt. Avec Bonobo, rien n’est surfait, tout est vrai, et la démesure n’est jamais de mise. Sapphire et Jets assurent un décollage en douceur, nous faisant tranquillement voguer vers les douces sonorités orientales que l’excellent Kiara de l’album Black Sands avait déjà su transcender il y a 3 ans. On pourrait parfois se croire au beau milieu d’un jardin japonais, ou sur la soundtrack de l’excellent jeu Okami.

Pourtant, The North Border n’est pas qu’une ode à l’instrumental puisque des voix féminines (et même masculines sur le planant First Fire) subliment à plusieurs reprises les titres Pieces, Transits, Tower ou encore l’excellent Know You. Ici, la technique du sample est un peu moins utilisée, se servant des influences instaurées avec l’album Days to Come. Nous sommes désormais en 2006. Enfin avec Don’t Wait, Bonobo renoue avec la touche Black Sands de 2009, plus accéléré, plus résonnant, mais toujours aussi planant. Il faudra attendre le sublime Heaven for a Sinner pour apprécier l’hybride parfait. Incontestable temps fort, on y retrouve la superposition de samples musicaux, mais également les fameux bruits familiers qui font office de vecteurs émotionnels uniques en leurs genre, le tout constamment sublimés par la voix soul d’Erykah Badu. 15 ans de Bonobo en 4 minutes 10. Juste progression dans la carrière de Bonobo, The North Border est un album forcément planant qui allie une prouesse artistique et une justesse émotionnelle comme on en avait rarement vu. Un LP qui joue avec des ficelles que 4 albums avaient à peine suffit à tisser. Incontestablement à découvrir.

Bonobo NB - VERDICT

Par Yox le

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