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The Invasion, de Destroid

Déferlement subsonique

Petite devinette: Excision, Downlink et KJ Sawka de Pendulum sont dans un bateau… Pas besoin d’aller plus loin, un seule chose à retenir: les dégâts sont à prévoir ! Véritable leçon de marketing viral, le projet Destroid n’est certainement pas passé inaperçu dans le monde en pleine expansion de la scène électronique/dubstep. Tout droit venu d’une autre planète, le trio montre qu’il est encore possible de bousculer les codes en repoussant les limites de la violence sonore, et toujours ce talent démesuré affublé d’un soucis méticuleux de la finition. C’est un fait, The Invasion marque le début de près de trois quarts d’heure sans ménagements qui, à défaut de changer le monde, vous feront très certainement changer de froc.

Condensé en 10 morceaux surboostés, The Invasion ne fait pas dans la demi mesure. Malheur à ceux qui s’imaginaient trouver sur la galette un passage down-tempo quel qu’il soit. Ici, l’objectif assumé est de frapper vite et fort. Convertir l’audience sans lui laisser une seule seconde de répit, déversant en pleine figure une décharge sonore apocalyptique, mais également affreusement inspirée. Le tour de force? Allier sans ménagements puissance et soucis du détail sans jamais tomber dans la gratuité la plus totale. On fustige, mais avant tout avec talent.

A la fois prologue et lead-single, Raise Your Fist a le mérite de poser le décor: les lieux du crimes, qui se font rapidement balayer par une montée en puissance guerrière, presque tribale. Appuyé par une armée masculine scandant à l’unisson l’arrivée imminente du départ des hostilités, la testostérone est encore à son comble à quelques secondes du drop fatidique. Puis c’est le drame: le déferlement d’indécence tant attendu. Du vilipendage de tympans pur et simple, incisif comme jamais, premier feu de 45 minutes au terme desquelles votre cerveau prendra des airs de champ de bataille. Vous trouvez qu’on en fait trop?

Qu’on se le dise, des trucs sales, on en a entendu. Et du bien pire, là n’est pas la question. Ce qui frappe ici, c’est avant tout cette manière presque méthodique de construire quelque-chose pour subitement lâcher l’affaire, et balancer violemment la sauce sans retenue quelconque. Le gros craquage, « et puis merde », comme si ils ne pouvaient plus se retenir. Certains drops viennent ainsi sans crier garde, pour mieux nous faire comprendre à la fin que tout était savamment orchestré. Des beats électroniques rétros synthé-dark d’un Blast Off, en passant par l’entraînant Crusader qui dérape très vite en sodomie surprise, les très traps Flip the Switch & Put it Down, ou bien encore la montée résonnante d’un Annihilate qui se fait casser les tibias à coup de marteau au bout de deux minutes: le tout sent à plein nez l’album savoureusement instable, le trip psychotique qui part dans une transe salvatrice avant de s’ouvrir les veines devant tout le monde. Fallait pas les gars !

Coup de poing et coup de cœur à la fois, Activation délecte la foule encore en émoi d’un évocateur AC-TI-VA-TION précédé d’effets d’alarm clock du meilleur goût, qui viendront à coup sûr réveiller de fort belle manière toutes vos cellules endormies. Ode à la démesure, les 3 minutes 29 du morceau régalent encore et toujours d’une montée dans le scandale, respectant avec brio la maxime du « toujours pluuuuus » ! A la bonheur.

Inutile d’épiloguer plus que ça, le trio de Destroid vient bel et bien d’accoucher d’un alien, marquant avec talent le début d’une Invasion qui se reçoit avant tout de plein fouet. Violé, souillé, vous n’aurez ensuite qu’une seule chose en tête: recommencer.

Destroid The invasion - VERDICT

Par Yox le

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