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Après l’explosion dans les 90‘s, l’air de la nostalgie souffle comme une brise étouffée sur le berceau grunge de Seattle. Comme les copains de Soundgarden, les headbangers crasseux d’Alice in Chains continuent de braver l’épreuve du temps. 4 ans après Black gives way to Blue – premier album depuis l’overdose du leader Layne Stanley – la formation poursuit son chemin métal / sludge à pas de géants. Lents, lourds, et puissants: les « dinosaures » sont encore loin d’appartenir aux fossiles.

Bien sale histoire que celle du leader toxicomane Layne Stanley, dont les souffrances et les traumatismes les plus tordus restaient la clé de voute d’une noirceur glauque, reconnue et adulée, donnant à Alice in Chains son côté délicieusement malsain. A l’image de Kurt Cobain, l’essence de l’artiste consumait l’homme, jusqu’à un dernier souffle rendu en 2002 dans un appartement de Seattle, les veines gorgée d’un cocktail héro-coke qui aura été aussi fatal que la balle qui a mit fin au groupe Nirvana. Enfin presque.

En 2009, le premier album d’Alice in Chains sans sa figure de proue ressort plus estompé, moins noir, mais étonnamment réussit. A 50 piges le deuil est fait, et le groupe trace sa voie vers l’avenir. Cette voix, c’est une fois de plus William DuVall qui va l’incarner, bien que ce dernier soit (malheureusement) un peu moins mis en avant, laissant au blondinet Jerry Cantrell les feux des projecteurs alloués à tout frontman qui se respecte. Metal, heavy, grunge, appelez ça comme vous voulez le résultat est le même, et on apprécie forcément la décision de ne pas se vautrer dans un revival qui aurait valu à la formation des index pointés, mais surtout des majeurs levés accompagnés de rires goguenards à l’unisson. Amen?

Pas sûr ! N’allez pas vous mettre à genoux trop vite, car au fond de vous, tout au fond de vous, vous savez déjà pertinemment que les éclats talentueux à la Would? appartiennent au passé. Qu’il en soit ainsi, The Devil put dinausors here dégaine le digne à défaut de brasser le génie. La flamme à la main, les hominidés ne sont pas non plus philanthropes, fructifiant un capital certain sur les braises d’un genre pourtant d’apparence alloué au proverbe James Deaniens: Live fast, die Young.

Pourtant Cantrell, DuVall, Kinney & Inez sont toujours là, et ont les en remerciera bien volontiers à l’écoute de titres comme Hollow, le single d’ouverture qui couvre l’atmosphère d’un voile inquiétant, rythmé par les riffs pesants d’une usine bien huilée: « Can’t really say how you lost your mind ». La force est tranquille, jamais frontale: Alice in Chains ne fait pas dans le vulgaire rentre dedans. Non, ces vieux bâtards vous auront à l’usure. Ils connaissent leur came, et ce ne sont pas les Chokes, Voices, Scalpel et autre Lab Mokeys qui nous feront penser le contraire. Ultime marque d’assurance: les morceaux oscillent entre 5 et 7 minutes, pour un total de plus d’une heure. Y’a pas à dire, tu te fait pas truander sur la marchandise.

On ne va pas se mentir, rien ne pourra remplacer le véritable âge d’or du grunge. Mais pour l’amour de dieu, arrêtez d’associer systématiquement les groupes à ce qu’ils ont fait, pour la simple putain de raison qu’il est plus facile de les caser dans un genre et surtout, une époque. Le grunge n’est pas mort, et même si tel était le cas (ce dont on se carre infiniment), les Alice in Chains prouvent une nouvelle fois qu’ils méritent place de tauliers. Des dinosaures? Pas encore.

Alice in chains TDPDH - VERDICT

Par Yox le

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