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The Church, de Mr Oizo

Chemin de croix

Il y a deux types de personnes sur cette terre. Ceux qui recrachent la musique de Mr Oizo par tous les orifices, et les autres. Si vous n’êtes pas d’âme à vous faire passer le cerveau à la centrifugeuse, évitez de vous envoyer The Church de bon matin. Sérieusement, ce n’est pas une bonne idée. Quant au reste de la plèbe, qui ne jure que par les distorsions soniques de Quentin Dupieux, vous ne devriez pas être dépaysés. Plus qu’un petit brin de déjà vu, ce cinquième album n’a clairement pas pour ambition de bouleverser ses propres codes. Ce qui en toute logique, est également synonyme d’un gros headbang des familles. 30 minutes de sauts à pieds joints sur tous les préceptes qui enferment la musique électronique dans un format radio édit.

À l’image de sa carrière cinématographique, Quentin Dupieux ne tourne pas autour du pot. Il ne fait pas monter la sauce et il ne s’embarrasse certainement pas à créer une atmosphère plus apte à recevoir un quelconque drop. Pas d’échauffement, pas de mise en condition : place à l’agression. Dans un format plus imagé, on pourrait comparer un titre de Dupieux à la technique de drague du mec à poil. Tu chauffes dans un bar ou en soirée. Tu ramènes la fille chez toi. Puis tu te casses dans ta chambre en la laissant poireauter dans le salon. Et tu reviens la bite à l’air. Surprise ! Voilà, tout est là. À vous de voir ce que vous voulez faire de ça. C’est du tout, tout de suite. Dans un sens, on peut dire que la musique de Mr Oizo s’accorde à la perfection à notre mode de vie actuel. On ne prend plus le temps d’apprendre à se connaitre, on se balaye du bout du doigt sur Tinder, l’homme est devenu un putain de produit avec une étiquette. Complètement à découvert.

Bear Biscuit, Ham ou Mass Doom ne renferment pas vraiment de secrets. Il n’y a pas de breaks cachés, de mélodies qui décollent aux environs de 3 minutes 30. On repassera pour l’effet Kinder Surprise. Très sincèrement, on comprend que ça puisse surprendre à l’oreille profane. Je me rappelle encore de la gueule que j’ai tirée la première fois que j’ai entendu Flat Beat, ou encore Vous êtes des animaux. J’étais complètement outré par ce que je venais d’entendre. Je me sentais réellement sidéré sur place. Putain, c’est qui ce mec ? Et est-ce qu’il est sérieux ? Oui ma petite dame, c’est ça le truc : il l’est ! Comme tous les albums de l’Oizo avant celui-ci, The Church racle sur les bords dès la première écoute. À la deuxième, on commence à mieux cerner la chose. À la dixième : c’est la drogue dure. Une addiction que vous risquez d’épuiser jusqu’à en faire un rejet total. On ne sait jamais vraiment ce qu’il se passe, mais cette musique procure une sorte d’attraction malsaine.

Artillerie lourde de l’écurie Ed Bangers, le nouveau refuge de cet album colle parfaitement à sa personnalité. Chez Brainfeeder (le label du très bon Flying Lotus), l’Oizo est à son aise. Posé sur sa branche, serein. Il se permet même quelques petits écarts groovy sur iSoap qui ne ferait pas complètement tache sur la tracklist de You’re Dead. Comme son homologue FlyLo, Quentin Dupieux n’affectionne pas spécialement les idées à rallonge. Son album s’enchaine vite, très vite. Trop vite pour certains. 10 tracks pliées en une petite demi-heure, c’est un peu ce que l’on appelle le minimum syndical. Peut-être la rançon de la différence. Mr Oizo reste un électro libre. Un artiste à la patte unique et reconnaissable. Il nous le prouve une fois de plus sur les lyrics de la très belle conclusion de l’album : « Today with my friends, we don’t know what to do. So we’re watching movies, and some movies are about cancer, and it’s drepressing. So we stop. Then we go outside, but the weather is bad, so we steal a car, and… we go to the church. Alléluia.

MR OIZO - VERDICT

Par Random Hero le

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