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On ne le dira jamais assez, au-delà des riffs et du headbanger à s’en faire saigner le cerveau, dans le punk il y a aussi le propos. Le nerf de la guerre, c’est le message. Tant qu’il est là, la musique survit. Elle prend tout son sens, nous donnant une raison supplémentaire de sauter partout au-delà du simple plaisir de le faire. Au bout du septième album, on aurait pu craindre la panne sèche pour les mecs de Rise Against. Ce moment embarrassant où le type derrière le micro commence à brailler dans le vide, se roulant allègrement dans l’auto-caricature pour continuer à ramener de gros chèques à la maison. C’est un peu ce qui est arrivé au dernier Kaiser Chiefs, qui bien que sympathique, ne fait rien d’autre que capitaliser sur une coquille vide. Heureusement, c’est encore loin d’être le cas de ce nouveau Rise Against. Le quatuor de Chicago n’a pas perdu la niaque, et c’est tout ce qu’on leur demandait.

On les avait quittés il y a 3 ans, avec un Endgame en demi-teinte. Comme le titre de suggérait, le groupe semblait effectivement être au bout de son game. Les thématiques tournaient en rond, laissant quelque peu transparaitre cet arrière-gout de réchauffé chez ceux qui avaient été désignés « Meilleur groupe ami des animaux » en 2009 par le PETA (ce n’est pas une blague). On retrouvait cependant bien ces hymnes punk rock ultra entrainantes, toujours aussi déterminées à protéger la veuve et l’orphelin. La drogue, les guerres en général et la société de consommation font en effet parties des punching-balls récurrents de Tim McIlrath et sa bande. The Black Market ne fait pas exception à la règle, mais y injecte des thématiques plus introspectives, selon les mots du leader. Que les anciens se rassurent : le quatuor d’Illinois tire toujours à boulets rouges sur leurs petites victimes favorites, tout en y injectant une forte dose de vécu. Ce qui a pour effet de rendre tout de suite les choses plus personnelles.

Cette hargne communicative renvois d’ailleurs aux percutants opus Revolution Per Minutes, The Sufferer & The Witness, Appeal to Reason… et Siren Song of the Counter Culture. Soit en gros, les 4 albums monumentaux qui ont précédé Endgame. Il faut bien le reconnaitre, ces gars-là savent embarquer les foules comme personne, en créant des morceaux à la fois mélodieux et énervés, à la stamina contagieuse. Le lead single I don’t want to be here anymore est un exemple parmi tant d’autres. On retrouve tout ce qui fait le sel de la formule Rise Against : les cris déterminés et engagés de Tim McIlrath qui raclent le micro, les partitions drums surexcités signées Brandon Barnes, et un combo gratte Zach Blair / Joe Principe qui fonce dans le tas. Pas d’ambiance sur-travaillée, pas de distorsions, pas d’instruments venus d’autres horizons : les mecs rentabilisent les gros classico, et c’est ça fonctionne diablement bien. 15 ans après leurs débuts, ce septième album déroule des tracks sans absolument aucun temps mort, mis à part peut-être People Live Here, la seule et unique pause acoustique.

Une piste qui n’est d’ailleurs pas forcément à jeter, malgré sa propension à ramener les violons. Littéralement. On est clairement dans le truc pour appâter le chaland, la porte ouverte pour attirer un public toujours plus large. Voilà qui devrait donner du grain à moudre à ceux qui accusent le groupe d’être rentré dans le mainstream, depuis que leurs clips passent sur MTV. Au mot commercial, on préfèrera cependant accessible. Même les textes ont cet attrait d’être plutôt directs, et de ne pas tourner 3 ans autour du pot : « Instead of doing what’s right they built higher walls, Where we can’t shed a light on true criminals. When business and suffering is one and the same, When laws fail the people, they turn to the flame ». The Eco-Terrorist in me, Zero Visibility ou encore l’excellente Bridges partagent toute cette culture du riff pêchu. La preuve s’il en est que les Rise Against connaissent encore très bien leur cœur de cible. Au Black Market, le client est roi.

Rise Against TBM - VERDICT

Par Random Hero le

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