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Il y a deux ans, le génie fou du cinéma mettait entre parenthèses son étrange odyssée derrière les caméras pour poser ses valises dans un studio d’enregistrement. Crazy Clown Time, son premier album, était du Lynch tout craché imprimé sur de la bande sonore. Une galette de blues sous psychotropes, de ballades rétros brumeuses, qui inquiètent d’abord, fascinent ensuite, pour mieux transporter l’auditoire dans cette espèce de sanctuaire affranchi de tous codes spatio-temporels, dont lui seul connait le chemin. A défaut d’être universelle, la nouvelle proposition du cinéaste et musicien transpire l’honnêteté. The Big Dream, ou récit d’un album qui porte vraiment bien son nom.

Il suffit de se replonger dans les travers de Blue Velvet ou encore Mulholland Drive (pour ne citer qu’eux) pour se reprendre de plein fouet la quintessence d’un univers qui fascine toujours autant. Ça va peut-être vous paraître con comme ça, mais à 67 balais, Lynch n’a pas encore dit son dernier mot, et le choix d’un format musical a presque quelque-chose d’évident. Ça ne saute pas immédiatement aux yeux, mais à l’instar de Crazy Clown Time, il suffit d’écouter les premières notes de The Big Dream pour prendre la pleine mesure des fantasmes récurrents de Lynch, ici affranchi de toutes contraintes d’images ou encore de scénario.

On reconnait bien dans ce blues aux effets de réverbérations omniprésentes, l’adepte de la méditation transcendantale. Les notes sont hésitantes, parfois suggérées, enveloppées dans un cocon qui balance entre plénitude (Last Call) et inquiétude, avec l’excellent Winshin’ Well et ses sonorités à la Silent Hill. On retrouve même la reprise surprenante – bien que relativement monocorde – d’un classique de Bob Dylan en la personne de The Ballad of Hollis Brown.

Toujours accroc aux déformations vocales, l’instrumentale lente et sombre tranche avec ces voix pitchées et aigües qui rappelleraient presque le fameux nain de la Black Lodge de la série Twin Peaks, à la différence près qu’ici Lynch ne parle pas à l’envers. Si vous avez saisi cette dernière référence, alors le connaisseur de Twin Peaks qui est en vous ne pourra s’empêcher de reconnaitre une similitude entre la belle Likke Li et la chanteuse Julee Cruise sur I’m Waiting Here. Une track aérienne qui nous replace directement dans le Bang Bang, le fameux bar de la série, face à cette chanteuse éthérée qui avait marqué la fin des années 80.

Pourtant, comme son géniteur lui-même l’avait annoncé, c’est bien les complaintes blues qui dominent cet album. Plutôt entraînantes, on y retrouve avec efficacité le chanté / parlé (Star Dream Girl, Sun Can’t Be Seen No More), mais aussi quelques mélodies bien inspirées (The Big Dream), le tout appliqué aux textures hallucinées si particulières du monsieur. On n’est peut-être pas dans la définition la plus académique du genre, d’un autre côté, on parle quand même de David putain de Lynch.

Le nouvel opus musical d’une des rockstars du grand écran ne déçoit pas. Du moins, si vous le prenez pour ce qu’il est: un disque de blues rétro aux réminiscences électroniques, entrecoupé de balades fantomatiques. Décalé et dérangé à souhait, The Big Dream se vautre tête baissée dans un univers singulier. Celui d’un créateur de génie.

David Lynch TBD - VERDICT

Par Yox le

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