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Ce n’est pas tous les jours qu’on se fait arrêter dans la rue par un Slovénien aux lunettes carrées et à la casquette noire un peu crade. Imaginez maintenant que le type en question sorte de sa veste un des albums les plus monstrueux de ce début d’année, et qu’il vous lance nonchalamment un « tiens mec, c’est pour toi ». C’est à peu de choses près l’offrande que vient de faire Gramatik au monde entier en signant The Age of Reason : un hybride old school aux pointes new age qui englobe une multitude de genres au sein d’une production qui fait avant tout preuve d’une remarquable fraicheur.

En affichant ouvertement ses couleurs d’artiste pour la liberté de partage sur le net, Denis Jasarevic s’est toujours attiré une audience naturelle qui impose un certain respect. La quadrilogie Street Bangerz reste d’ailleurs une des pièces qui a fait du fondateur de Lowtemp Records une sorte d’icône dans le milieu de l’instrumental hip-hop. Aujourd’hui les influences de Gramatik ont franchi bien des frontières, comme en témoignent ses diverses releases comme No Shortcuts en 2010, ou bien Expedition 44 l’année suivante. Le feu qui alimente cet âge de raison résulte avant tout de la fusion complexe de multiples combustibles : blues, R&B, funk, électro, dubstep, soul, disco, et on en passe. En somme, les éléments phares qui font de Gramatik un mec vraiment à part entière.

En restituant le truc le plus compliqué de la terre avec une étonnante simplicité, le DJ / producteur prouve qu’il est encore possible de bousculer les genres. Un art plutôt à la mode chez les artistes contemporains, dans lequel Gramatik est passé maître absolu tant les 15 tracks de ce cadeau font preuve d’un équilibre impressionnant. Denis Jasarevic prouve une fois de plus son talent inné pour extirper l’essence des genres qu’il explore, et ce, pour mieux les mettre au service d’un tout. À aucun moment, The Age of Reason ne donne cette sensation de trop. Les rythmes downtempo et les breaks d’une fraicheur exemplaire n’y sont à ce titre pas pour rien, tant ils se positionnent à chaque instant comme les garants de la justesse.

Il y a pourtant bien quelques sursauts de BPM assez nouveaux dans la discographie du Slovenien. Son récent EP Bluestep avait annoncé la couleur : le jeu a clairement changé, et la rencontre entre bass music et la touche Gramatik fait de bonnes grosses étincelles. Il y a d’ailleurs un sérieux laps de temps nécessaire pour pleinement réaliser ce qu’il vient de se passer après avoir entendu pour la première fois Control Room Before You, qui se perd 6 minutes sur une autre planète où l’aura lounge à souhait se heurte à une sévère rechute dubstep dépouillée, avant de finir le job dans une sorte de transe qui a clairement basculé du côté obscur de la force. Même constat avec Bluestep, mais surtout pour Brave Men, qui en plus d’ouvrir magistralement l’album se révèle être individuellement assez incroyable.

Sans transition, la furieuse Torture fait retentir des riffs 60’s, tout en gardant une cohésion assez fascinante avec le reste : du funk dans We used to dream, du RnB dans Faraway, le blues d’un No Turning Back, ou le retour dans le temps d’Expect us sont autant d’exemples bien plus parlant que n’importe quel discours. En injectant un vent de neuf à ce véritable florilège de styles musicaux, Gramatik parvient à ouvrir chez l’auditeur des portes que l’on pensait avoir fermées à jamais. Et il faut tout de même reconnaitre que ça fait un bien fou. Une cure de jouvence, tout simplement.

Gramatik TAOR - VERDICT

Par Random Hero le

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