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Le nouveau Foster the People est loin d’être à chier. Réellement, c’est même un florilège plutôt décent de titres pop euphoriques comme Mark Foster sait si bien les faire. On l’écoute sans se prendre la tête, comme une soundtrack discrète entendue en background dans un café. Supermodel n’est pas l’album de l’année, mais Supermodel fait le job. Avec un peu de chance, il sera même prêt à passer sur les ondes sans radio-edit, et fera surement l’affaire sur un jingle du Grand Journal. Mais ça s’arrête là. Car à trop vouloir réitérer l’exploit de Torches sorti en 2011, Foster The People se perd dans un album qui écarte les bras trop large. Ils veulent satisfaire tout le monde, et ça finit par se voir.

On n’en a jamais rien eu à foutre que Mark Foster n’ai pas le profil du mec torturé au parcours incroyable qui s’est lancé dans la musique pour régler la faim dans le monde. Foster est un mec banal au possible, qui a lâché un futur dans l’US Air Force parce qu’il n’avait pas envie de crever. Puis il a fait des génériques d’émissions télé, et enfin un album vendu à des millions d’exemplaires. Il n’a jamais caché ses ambitions de réussite, et tant que la qualité suit derrière, on écoutera les yeux fermés. Même si ça fait moins de story-telling à fourrer dans les colonnes de ceux qui ne savent pas quoi dire sur la musique du bonhomme. Pourtant il y en a des choses à dire. Comme le fait qu’il soit une machine à dégainer des partitions capables de transformer vos bras en essuie-glaces lors de belles soirées estivales. On ne dénigrera jamais que Supermodel soit un album cheerfull à souhait, avec de la bonne volonté à revendre. C’est du positivisme digne de l’étiquette d’ambassadeurs du cool qu’une bande de barbus de LA avait collé à Foster the People.

En bonne arme de divertissement massive, on retrouve tout naturellement une flopée de singles tubesques qui se veulent dans la veine des excellents Houdini et autres Pumped up Kicks issue de l’album précédent, qui a littéralement été poncé par l’année 2011. Coming of Age, Best Friend et Ask Yourself ne sont clairement pas là pour combler les vides. C’est le nerf de la guerre, et selon un certain point de vue, c’est même plutôt efficace pour peu que l’on ait envie de s’abandonner un tant soit peu à une musique moins exigeante. Easy-to-listen. Et il n’y a rien de mal à ça, bien au contraire. C’est juste qu’on ne serait pas contre un peu plus de savoir-faire, et un peu moins de Ouh ouh ouh, Na na na na na na ! Alors oui, il parait que les textes s’attaquent au capitalisme, et pleins d’autres trucs sensés donner un peu de relief à tout ça. Mais pourquoi ? Pourquoi faire croire que c’est de la pop intelligente, alors que l’album pue le racolage à dix kilomètres ? Encore une fois, le vrai problème de Supermodel réside dans cette volonté farouche de satisfaire tout le monde, quitte à y laisser sa cohésion au placard.

Avec Torches, Mark Foster avait su mettre tout le monde d’accord sans avoir eu à multiplier les grands écarts. Si dans certains cas le métissage de style apporte une certaine fraicheur, Supermodel n’en ressort que plus brouillon. Une question de feeling surement, mais on ne pourra pas renier ce Are you what you want to be qui sonne comme un Vampire Week-end enjoué, ou encore ce Pseudologia Fantastica dont la tentative psyché lorgne clairement du côté d’un MGMT ou d’un Tame Impala, dans un registre plus rock. Du rock, il y en a aussi sur A Beginners guide to destroy the Moon, qui reste dans le fond très gentillet. Mis à part les 4 dernières pistes dont on se serait globalement bien passées, l’album n’est pourtant pas mauvais. C’est simplement une version épuisée de ce qui se fait ailleurs. De Flaming Lips à Animal Collective, en passant par tout le reste. Et à chaque fois, la comparaison fait mal. Encore un album qui aurait hélas, gagné à en faire moins.

Foster the People Supermodel - VERDICT

Par Random Hero le

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