Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

La grosse crainte lorsque l’on voit un album étiqueté Super Discount en 2015, c’est de lancer une vieillerie électronique, qui fera au mieux vibrer votre corde nostalgique sur quelques morceaux. Comme le témoin d’un homme qui court après un succès qu’il a déjà eu, ambassadeur d’une époque où tout était encore à faire. Où ceux qui achetaient les albums de Daft Punk n’étaient pas vos parents, et où Laurent Garnier commençait à peine à trouver une résonance aux 4 coins de l’hexagone. On aurait pu craindre un album en quête d’une insaisissable spontanéité, qui réfléchit trop, et qui a perdu ses repères. Ce serait néanmoins très mal penser de Etienne de Crécy. Indéboulonnable, le producteur français ne s’est pas contenté de réactualiser un mythe. Il a posé le nouveau chapitre d’une histoire d’amour qui a commencé il y a un peu plus de 20 ans.

Je ne pense pas qu’on se souvienne uniquement du premier Super Discount pour son aspect album-concept. Ni pour sa jaquette jaune canari, ou bien ses invités prestigieux. On s’en souvient parce que c’était un album fédérateur, qui apportait quelque chose de neuf et de spontané. Il s’inscrivait à point nommé dans un mouvement qui avait l’avenir devant lui. C’est l’album d’un lieu, d’une mouvance et d’une génération, au même titre que Homework des Daft ou bien Shot in the Dark de Garnier. L’eau a coulé sous les ponts depuis 1996. Et bien que la scène musicale française ait énormément changé, chaque décennie a eu droit à son Super Discount. Le dernier date déjà de 2004, et mettait en avant des mecs comme DJ Medhi, Phillipe Zdar (l’ex-colloc d’Etienne avec qui il a fondé Motorbass) ou bien Alex Gopher et Mr Learn, déjà présents sur le premier Super Discount.

Cette troisième itération est néanmoins un peu différente, plus personnelle. On y retrouve néanmoins quelques featuring, dont les désormais inséparables Alex Gopher et Julien Delfaud (qui font partie du groupe de la tournée Super Discount), mais aussi Pos et Dave du groupe De La Soul, Kilo Kish ou encore l’excellent Baxter Dury. Ce qui dans le fond impressionne vraiment, c’est de constater à quel point un Super Discount peut encore nous étonner. Pas forcément par les sonorités choisies, mais plutôt par la fraicheur et la spontanéité dont l’album fait preuve. Rien n’est surpensé, tout est naturel. C’est peut-être con à dire, mais cet album coule de source. Il y a des courbes dans cette musique, à la fois sexy, dansante et profondément actuelle. On peut écouter l’album 20 fois de suite sans se lasser, ce qui est assez dingue. D’un côté la house et la funk sur des morceaux hors du temps comme You, Sunset ou l’excellente Follow. De l’autre la modernité. L’actuel, le percutant, l’épuré sur des titres comme Hashtag my Ass, Cut the Crap ou bien WTF. Et toujours cette qualité constante, jamais de temps morts.

Je ne parlerais pas du final, Family, qui a failli casser le bouton repeat lors de l’élaboration de cette chronique. Une musique envoutante qui s’écoute fort, célèbre la nuit, les bars détrempés et la meuf qui te regarde à l’autre bout du comptoir. Aujourd’hui, Etienne de Crécy a 46 balais. La French Touch se fait canoniser de partout, entre dans les musées et dans l’histoire. On fait des livres sur ce courant musical visuellement et créativement hyper créatif, aujourd’hui en perte de vitesse, en manque de nouveaux représentants. Un temps que l’on évoque de plus en plus à l’imparfait. Comme une époque révolue, qui donne l’impression de survivre par quelques DJ qui font de la résistance. Le fait de pouvoir accoucher d’une galette à ce point là dans l’air du temps relève du tour de force, et veut dire deux choses : Etienne de Crécy ne vit pas dans le passé. Mieux, il est intemporel.

Etienne de Crecy SD3 - VERDICT

Par Random Hero le

Plus de lecture