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Tout roule du côté d’Atmosphere. Déjà 8 albums dans les bacs, et toujours cette volonté de prendre le micro pour scander les aléas plus ou moins profonds qui rythment l’existence de ces deux types, que beaucoup considèrent encore comme des légendes du hip-hop côté underground. Naturellement, ce n’est plus le Sean Daley d’Overcast qui rappe sur ce nouvel opus. Le flow 2014 est moins anxieux, moins chargé en ressentiments que son homologue de 1997. Southsiders, c’est simplement l’histoire de Slug & Ant qui déroulent leur partition, tranquille, sans faire de vagues. Ce n’est pas encore le succès planétaire, mais l’adresse reste bonne, et le beat plus qu’honnête.

L’idée principale consiste toujours à entrainer votre oreille intriguée dans les méandres tortueux de l’esprit de Slug. Là où les doubles sens sont légions, et où les textes allégoriques donnent vie à un flow lent, compréhensible, et articulé à la syllabe près. Alors oui, les agréments de la vie ont considérablement calmé le garçon. Il est plus posé, plus serein que sur les premiers opus. Par chance, la substance même du rap ne semble pas s’éteindre lors de guérison de l’âme. Les maux ne s’effacent pas, ils s’estompent. Ils sont dépeints avec plus de recul, d’autodérision que certains pourraient confondre avec de la légèreté. Il n’y a pourtant rien de léger dans ce Southsiders. La violence, le doute et les remords sont bien présents, savamment distillé au grès des 20 tracks qui constituent cette nouvelle prod : « I have so much soul the devil hates me », « I got a star shaped heart, You got a house made out of face cards. This graveyard used to be a K-Mart, But before that it was a grave yard ». Même le titre fédérateur Kanye West porte son lot de fantômes dans le placard : « She said she want to find a cure for death, I knew she meant that in the purest sense. But when I finally die put on your Sunday best, Then throw your hands in the sky like Kanye West ».

À défaut du côté performer pur et dur, c’est Sean Daley le story-teller qui ravira les foules. Le don d’embarquer l’auditeur dans n’importe lequel de ses travers reste intact, tout comme cette capacité innée à capter l’attention. Camera Thief et I don’t need no fancy shit sont quelques-uns des exemples les plus probants. Le duo garde pourtant la tête froide : « Let’s try not to get too lost in the applause », disent-ils. Détendu et en pleine confiance, Southsiders reste avant tout le reflet d’un duo qui n’a plus rien à prouver. Chose qui se ressent aussi bien dans le fond, que dans la forme. Éternel point fort de la formation, les instrus se permettent tout. Du groove jazzy de l’excellent Hell, aux riffs d’un Southsiders, en passant par l’exotique My lady got two men. Mrs Interpret flotte dans les eaux du old school, tandis que Fortunate jongle entre l’inquiétante vibration sonique et les pianos friendly. Le côté atmosphérique / urbain reste en tout cas une constante fort appréciable, qui n’est pas sans rappeler l’origine même du patronyme de la formation.

Plus contestable, la présence plus appuyée de morceaux plus chantés, qui apportent cette touche plus pop sur laquelle les deux producteurs insistent depuis quelques albums. On pense à Let me know that you know what you want now, ou bien l’entrainante The World might not live throught the Night, qui laissent ce sentiment d’incompréhension quand à la vraie direction artistique du duo. Reste que Sean Daley & Anthony Davis ont toujours su accompagner le public aux grès de leurs changements, en conservant par la même occasion une base solide. « We ain’t gonna die today, Right now I’m wide awake. Rock solid, head held High, Hands stay clean ‘till the well go dry » : le message de We ain’t gonna die today en dit long sur l’état d’esprits. Atmosphere n’en est pas encore à son dernier coup. Ce sera certainement plus lisse que par le passé, mais l’envie et le plaisir demeurent. Et ils sont contagieux. C’est surement là le leitmotiv de Southsiders : un album qui sort un peu moins des tripes, un peu plus du cœur.

Atmosphere Southsiders - VERDCIT

Par Random Hero le

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