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Sonic Highways, de Foo Fighters

On prend les même...

Ça nous fait toujours sourire de voir des mecs pester contre les Foo Fighters. Groupe vendu, rentré dans le système, à la machine promo dégueulasse et à l’ambition démesurée. Quelle putain de bande de faux culs. Au bout de 20 ans, il serait peut-être temps d’arrêter de reprocher à Dave Grohl d’avoir osé continuer la musique après la mort de Kurt Cobain. Le mec est juste l’un des meilleurs batteurs de sa génération, vous croyez qu’il allait faire quoi ? Un collier de perles ? Nirvana s’est arrêté le jour où cette balle a traversé la tempe de Kurt. Et c’est probablement l’une des pires choses qui soient arrivées à la scène rock, après l’existence U2. Dave a simplement eu le courage de continuer. Après réflexion, Foo Fighters est probablement la meilleure réponse qui soit à l’épilogue de Nirvana. Un chapitre populaire et positif, qui succède au drame et à la névrose. La formule est facilement identifiable. Et ce, pour une raison simple : elle n’a pas bougé d’un iota depuis 1997.

Voilà surement le principal reproche que pourront faire les éternels détracteurs : vous ne risquez pas d’aimer le nouvel album du groupe si vous n’avez pas adhéré au tout premier. Qu’importe les deux décennies qui les séparent. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de nous vendre un vent de diversité. Star d’une série TV du même nom sur HBO, le postulat de départ de Sonic Highways pue un peu l’arnaque. Un tour d’Amérique des influences, des morceaux écris dans des villes majeures du rock (Austin, Chicago, Los Angeles, Nashville, Nouvelle Orléans, New York, Seattle et Washington), et un parterre de prestigieux guest noyé dans la masse. Après tout, pourquoi pas. C’est toujours mieux que le pitch de Wasting Light, où Grohl s’était amusé à enregistrer un album dans son garage sur de la bande audio des années 1867. Un album ambiance « homemade » sur lequel on retrouvait tout de même Krist Novoselic et Butch Vig, tous deux respectivement bassiste et producteur de Nirvana. On n’a définitivement pas le même garage.

Le célèbre producteur de Nevermind a d’ailleurs décidé de rempiler pour ce huitième album des Foo. Offrant en plus d’un quality control sans failles, une belle opportunité d’ajouter un nom de légende à ce nouvel album. Dave Grohl n’est pas idiot. Il a compris ce précepte d’une profonde cruauté qui qualifie la scène musicale depuis toujours : ce n’est pas la qualité qui fait vendre des albums. C’est la hype. Va-t-on vraiment reprocher au groupe de se prêter au jeu médiatique ? Va-t-on leur reprocher d’intégrer quelques tubes stadium ready la veille d’une tournée mondiale, qui remplira quoi déjà ? Ah ouais. Des putains de stades. Cette accessibilité, ce côté populaire et populiste, voilà le vrai carburant des détracteurs. Et ce n’est pas prêt de changer avec les 8 tracks de ce nouvel album, qui résonnent après une dizaine d’écoutes comme autant de plaisirs coupables. Huit, c’est peu me direz-vous. Mais l’album compense par quelques tracks plus longues, moins radio édit, qui prennent le temps de construire quelque chose. On retrouve bien là cette volonté de créer un support voué à exister sur la scène, qui reste le lieu de prédilection de Taylor Hawkins, Pat Smear et toute la bande.

Au-delà de l’agressivité du combo Something from Nothing / The Feast and the Famine qui sert d’incipit à cet album, on retiendra l’excellente Outside et son break mémorable, ou encore la très jolie Congregation dont le final risque bien de vous laisser quelques séquelles. Difficile de ne pas s’emporter face à un tel torrent d’énergie, de hargne, et de stamina qui ne revendique rien d’autre que la volonté d’offrir un énorme défouloir. Sans surprises, la construction de ces morceaux n’est pas bien différente d’un The Pretender, Let it die, ou encore l’excellente Come Alive. L’enchainement final de 13 minutes Subterranean / I am a River se charge de faire atterrir l’auditeur, entre douceur et immensité. Ces deux ultimes morceaux jouent d’ailleurs de subtilités, et de nuances mélodieuses que les oreilles averties sauront démarquer du reste. Comme toujours, ce que l’on appelle « la formule Foo Fighters » n’est qu’un gimmick. Un postulat de départ qui sert de support aux timides explorations de la bande, au grès des différentes variantes du rock. À la fois suffisamment discrète pour que l’on puisse écouter en aléatoire tout le matos des Foo entre 1997 et 2014. Mais aussi, suffisamment marquée pour faire de Sonic Highways une belle petite réussite.

Foo Fighters Sonic Highways - VERDICT

Par Random Hero le

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