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Somewhere Else, de Zeds Dead

Partout et nulle part

Mais qu’est-ce qu’il s’est passé avec Zeds Dead ? La dernière fois qu’on a vérifié, c’était en janvier 2013 avec l’EP Hot Sauce. Et force est de constater que les choses se passaient relativement bien. Le duo canadien nous abreuvait de bass music multi-influencée à s’en décrocher les tympans, en bonne figure majeure du mouvement dubstep qu’ils sont. Aujourd’hui, les basses crasseuses et les breaks assassins se sont pourtant estompés au profit d’influences diverses et variées qui transpirent le manque de direction artistique à plein nez. De la pop dansante ici, un anthem house pouet pouet là-bas, et quelques morceaux de hip-hop par-dessus le marché. Clairement les mecs de Toronto n’ont plus peur de rien, et c’est n’est pas vraiment dans leur intérêt.

Remarque, on est toujours plus heureux de voir ça, plutôt que de les voir s’embourber dans de la dubstep peu inspirée. S’il faut saluer la démarche de prise de risque, le résultat reflète hélas plus l’idée du dérapage qu’autre chose. À croire que pour leur deuxième release sur son label Mad Decent, Diplo a filé une grosse carte blanche à Dylan Mamid et Zach Rapp-Rovan. Résultat : pas de vrai marqueur, ni de fil rouge entre les tracks. Ce qui dans un sens est regrettable, tant cela nuit directement à l’écoute globale de cet EP, qui est en fait une compilation de sons lâchés à la barbare. L’introduction, Collapse, aurait pu être intitulée « Zeds Dead s’essaye à l’hymne EDM ». Rentre-dedans et pas subtil pour un sou avec son drop que l’on sent débarquer à des kilomètres. Que l’on s’entende bien, si on la prend pour ce qu’elle est, la track est légitime mais rien de plus. Ça passe quoi.

Sans transition, on enchaine avec un Hadouken qui est loin de faire le même effet que son homologue dans Ultra Street Fighter IV. Là encore, rien à signaler en terme de mauvais goûts. On ne crache pas notre repas, mais on n’ira pas non plus se rendre fou pour la chose. Même constat pour Bustamove, son intro house résonante et ses drops minimalistes. La bonne surprise elle vient du featuring Lost You avec Twin Shadow, qui distille une pop dansante complètement inattendue, constamment soutenue par un back up de basses discrètes. C’est en réalité sûrement le morceau le plus taffé de l’album, et paradoxalement l’une des tracks qui a le moins à voir avec l’univers récurrent de Zeds Dead. Pour quelque chose de plus familier, on se redirigera vers un Blink, mais surtout Where Are You Now : un canon dubstep mélodieux qui pourrait lointainement faire penser à du Nero.

Et puis au milieu de tout ça, il y a Dead Price : une plage urbaine au demeurant loin d’être déplaisante, dont la seule justification dans l’album réside dans un break dubstep réchauffé de 30 secondes, grossièrement incrusté à la fin du morceau. Dans le même genre, on pense forcément à Stoned Capote, avec sa mood hip-hop old school et ses cris d’animaux sortis de derrière les fagots. On y retrouve d’ailleurs le rappeur et collaborateur de longue date Omar LinX, avec qui le duo avait accouché de l’EP Living Dead, qui avait secoué l’été 2012 tout en incrustant subtilement des grosses références hip-hop. Aujourd’hui, on devine aisément cette volonté du duo de ne pas s’enfermer dans un genre qui n’a pas la forme ces temps-ci, du moins côté grand public. Ça donne au final la fâcheuse impression que Zeds Dead n’a en réalité pas d’autre ambition que de bouffer à tous les râteliers. Il y avait clairement de quoi fêter plus dignement les 20 ans de Pulp Fiction

Zeds Dead Somewhere Else - VERDICT

Par Random Hero le

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