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Shady XV, de Eminem

The Massacre

Si Shady XV n’avait été qu’un best of de plus, les mots que vous lisez actuellement n’auraient pas eu lieu d’être. Mais dans un souci de fêter dignement le quinzième anniversaire du label qui a popularisé des talents comme 50 Cent et Obie Trice, le rappeur de Détroit a décidé de ne pas faire les choses à moitié, en proposant une douzaine de titres inédits. Quinze années, ce n’est pas rien. C’est l’âge bête, l’âge de la déraison, l’âge de toutes les tentations et surtout l’âge de foutre un sacré bordel. Chose que toute la clique de Shady Records semble avoir respecté à la lettre dans une compilation qui tabasse.

Il se dit dans le milieu du hip-hop que ce simulacre de Vanilla Ice n’a plus livré un seul album pertinent depuis cette violente parodie du Truman Show. Il se dit même que son label créé en 1999 n’est jamais parvenu à installer durablement un artiste dans le paysage du rap game, à l’exception peut-être de Curtis Jackson, un rappeur aussi drôle qu’inconstant lorsqu’il s’agit de livrer un album potable. De temps à autre, le fils prodige de Detroit rappelle à toutes ces critiques qu’il est capable de les éclipser en un seul couplet. Il leur montre à quel point les mots ne sont que des briques qu’il assemble et détruit selon son bon vouloir. L’année dernière, cette démonstration portait le nom de Rap God. Un titre qui a eu le mérite d’attirer l’attention sur ses qualités reconnues (et parfois oubliées) de parolier. Cette année les titres d’envergure s’appellent Vegas, Fine Line, Psychopath Killer et Right For Me.

L’écoute de ces titres provoque une interrogation légitime : est-ce que le mec en a vraiment quelque chose à foutre ? Son seul et unique couplet sur Vegas approche pas loin de la centaine de mesures. La technique est tellement impressionnante qu’on délaisse volontiers le fond, pour se concentrer sur la forme : « Bitch, you need to run and go get your frigity friends / I’m looking at your bun-stickity-bun, hun / The mickity mack’s bickity back, don’t act wickity wack ». La bonne nouvelle, c’est qu’avec ce niveau de maîtrise et de connerie, il n’est pas le seul à sortir le grand jeu. Il ne se passe pas un seul titre sans que l’une des signatures du label obtienne son moment de gloire. Toute la clique de Slaughterhouse déploie les grosses mesures sur Y’all Ready Know, produit par le légendaire DJ Premier. Royce Da 5’9 tient la dragée haute à la moitié de Bad Meets Evil sur le délirant Vegas.

Enfin, Skylar Grey pourrait inonder les ondes radiophoniques avec le surprenant trio formé avec Eminem et Yelawolf sur Twisted. Quant à Yelawolf, fidèle à ses racines sud-américaines, il déverse toute son énergie sur le bourrin Down, sans parler de son couplet sur Twisted qui éclipse sans difficulté ses deux autres camarades. Seul le crew D12, reformé le temps du discutable morceau Bane, semble appartenir à une époque révolue. Il y a deux ans, Cruel Summer avait eu l’ambition de réunir tous les artistes de G.O.O.D Music. Le temps d’un super LP, le label de Kanye West avait surement réussi à diviser plus de monde qu’il en a rassemblé. Shady XV est le Cruel Summer de Shady Records, la cohérence en plus. Certes, la compilation est perfectible sur plusieurs points. Le sample de l’introduction Shady XV est aussi imprévisible que Love Game de Eminem et Kendrick Lamar, tandis que Die Alone et Guts Over Fear laisseront de marbre les oreilles lassées d’un certain formatage musical. Perfectible sur plusieurs points, Shady XV a le grand mérite de mettre une équipe de lyricistes affutés et reconnus sur le devant de la scène.

Eminem Shady XV - VERDICT

Par Sholid le

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