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Settle, de Disclosure

House fraternelle

Plongée dans une spirale temporelle sans fin, le cœur dans le passé, les yeux vers le futur: la musique à la tête qui tourne. Mal de crâne carabiné ou éclair de génie, aujourd’hui le passé est une source d’inspiration fustigée à outrance. A seulement 19 & 22ans, les frères Lawrence aka Disclosure ont déjà avalé l’équivalent de leur âge en dance-culture. Aux balbutiements de leur notoriété, les deux frangins ne perdent pas de temps en délivrant Settle: une hymne house qui modernise les influences 90’s de papa à grand renfort de bass-lines ultra épurées et d’une fraicheur bienvenue. Des arguments de poids qui vont certainement en réconcilier plus d’un avec le genre.

Si pour beaucoup Disclosure c’est avant tout la prouesse d’un duo de scène et de sang clairement en avance sur son âge, le succès juvénile des deux frères anglais joue dans un sens plus contre eux qu’autre chose. Car il faut bien reconnaitre que le tapis rouge déroulé à l’unisson par la presse et le peuple trouve une bonne proportion de son énergie dans la fascination apportée par ce frêle nombre d’années au compteur de la vie.

Lorsque le catchy When a fire start to burn laisse retentir ses premières boucles, on imagine facilement une décennie bien chargée de plus aux masterminds derrière les platines. Qu’importe, l’effet reste le même: la montée uber-samplée fait son effet, jusqu’aux prémices de cette ligne planante salvatrice. Tiens, c’est frais ça !

Entendez nous bien, le duo fraternel ne nous vend pas la révolution, ni même une évolution. C’est de l’efficace, mention tout public, qui ouvre grand ses bras pour mieux lever les vôtre. Pas d’indépendantisme mal venu, Disclosure assume sans trop le vouloir un certain côté mainstream: « Even people who think we’re too commercial, which I don’t think we are at all, I say to them : what would you rather hear on the radio, White Noise or David Guetta ? ». Les ventes ne trompent pas: Settle c’est de la dance fédératrice, une came qui fait bouger les foules comme des automates, une vague house finalement plutôt millimétrée. Du hit White Noise, à l’accrocheur You & Me, jusqu’à la touche old-school d’un Latch en passant par la profondeur de Voices, cette formule à la fois épurée et ultra détaillée fait mouche. Les singles s’enchainent, la fosse se déchaine. Que demande le peuple?

Qu’on leur accorde bien ça, les deux jeunes artistes érigés en nouveaux gourous de la house savent tirer les bonnes ficelles pour accoucher d’une arme d’entertainement massive, sans avoir au passage à ranger leur intégrité au placard.

La machine est bien huilée, tellement bien que la soupe peut finir par paraitre indigeste. En réutilisant à outrance la même recette, la saveur se dissipe inexorablement, imposant une date de péremption à la touche Disclosure qui aurait gagnée à rester composée avec modération. En lieu et place, l’auditeur croule sous les morceaux, certains souffrant fatalement de la comparaison avec d’autres. Un peu à l’image de ce Stimulation ou encore Grab Her! qu’on a un peu envie de laisser dans un coin de l’assiette.

Si ils leur manquent encore un peu de maîtrise dans la gestion de leur travail, les frères Lawrence cachent littéralement plusieurs vies sous l’écorce juvénile de Disclosure. Dédié à la dance, et la dance uniquement, Settle s’impose comme une redoutable machine house/pop trouvant son juste milieu entre mainstream et fraicheur. Une belle leçon.

Disclosure Settle - VERDICT

Par Yox le

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