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Annoncé comme un EP de transition en attendant Man On The Moon III, Satellite Flight a finalement pris la forme d’un LP complet, lunaire, balancé barbarement sur les plateformes de téléchargement un soir de février. La surprise est à la hauteur de ce nouveau projet qui concilie les ambitions musicales de Kid Cudi, aux confins des genres, à son univers propre qui ne cesse de gagner en profondeur depuis MOTM II. Mieux, le rappeur semble enfin libéré de toute contrainte, n’hésitant pas à proposer de simples pistes instrumentales, produites par le monsieur lui-même et dénuées de voix. De retour sur ses terres natales, l’homme sur la lune nous avait manqué. Il était temps !

Quand il n’a pas le pied au plancher dans Need for Speed et quand il ne subit pas les railleries constantes d’Ari Gold dans Entourage, Scott Mescudi a la tête dans les étoiles et les pieds sur la lune. Vous connaissez surement le rappeur, révélé par Kanye West, grâce au titre Day’n Night, présent sur l’album Man On The Moon. Plus discret depuis, mais pas pour autant moins actif, le Kid de Cleveland a bien évolué depuis, prenant des risques à chaque projet, avec plus ou moins de réussite. On l’avait quitté sur le sympathique, mais inconstant Indicud, on le retrouve désormais sur un LP de dix titres, traçant son retour sur son satellite de prédilection. Il n’est plus risqué d’affirmer que Kid Cudi a définitivement quitté la planète Hip-Hop pour migrer vers un style de musique qui puise son inspiration dans diverses galaxies musicales, allant du Rock jusqu’au trip psychédélique.

L’esprit torturé du rappeur permet d’ouvrir la porte à un univers musical particulier, déstabilisant, mais jamais prétentieux, contrairement à ce que certains auraient pu reprocher à un certain Kanye West. Indéniablement, la recette fonctionne et le plaisir à écouter un LP qui ne ressemble pas à 90 % de ce que l’industrie musicale est capable de produire est déjà une victoire en soi. Tiraillé depuis l’enfance, Cudi se confesse comme à son habitude, de sa voix encore tremblante, mais qui semble définitivement prendre plus d’assurance. C’est aussi un reproche que bon nombre ne manqueront pas de lui faire remarquer : Cudi n’est pas le meilleur des chanteurs qui puissent exister, mais son timbre de voix unique permet une entrée aisée dans son univers. Conséquence de cette migration, de cette mutation opérée depuis quelques années : seuls deux couplets sont rappés sur l’album, présents sur Satellite Flight et Too Bad I Have To Destroy You Now.

Quand il ne chante pas, quand il ne dégaine pas son flow de rappeur, Kid Cudi tente de trouver sa voie en tant que producteur. Avec Satellite Flight, les doigts de l’artiste prennent le dessus sur ses cordes vocales, allant jusqu’à les supprimer, afin de proposer de simples pistes musicales à écouter les yeux fermés, comme avec l’excellent Return Of The Moon Man. L’ensemble demeure encore assez simpliste, mais puisqu’on n’est jamais mieux servi que par soi même, il faut avouer qu’elles collent parfaitement à l’univers du chanteur. Conceptuel, constant, sombre, déprimant, mais jamais paresseux, Satellite Flight n’aura jamais aussi bien gravité que sur Internal Bleeding, un titre que Cudi a dû enregistrer avec un couteau planté dans les tripes, sans mauvais jeu de mots. Au fond, s’il ne demeure pas profondément inoubliable, ce nouvel album assure principalement sa fonction de transition en attendant le plat de résistance, en attendant fébrilement Man On The Moon III.

Kid Cudi Satellite Flight - VERDICT

Par Sholid le

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