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Si on élude Burial, il ne reste plus beaucoup de mecs capables d’injecter autant de profondeur à la musique électronique. Le gars discret allergique aux feux de la rampe, que la planète terre a connue avec son album canonique Untrue, a pourtant depuis bien changé. Lui que les foules vénéraient pour son bliss tout en retenue, mais non moins chargé en émotion, joue désormais à cœur ouvert. Burial ne se cache plus, ou tout du moins il se cache un peu moins. Il est plus direct, plus immédiat, et fatalement moins subtil. Ce qui n’empêchera pas les 3 tracks de Rival Dealer de nous foutre dans une putain de transe monumentale.

Burial est tout sauf un mec bourrin. Sa musique est un peu l’allégorie d’un type handicapé social, incapable de dire quoi que ce soit en face. La surprise est donc de taille lorsqu’on s’envoie pour la première fois le morceau Rival Dealer. Lui qui nous avait habitués aux lentes rechutes, prend le parti de nous boxer copieusement la gueule. Les vocalises sorties d’une dimension parallèle sont bien présentes, cette impression de fouillis déstructuré l’est aussi, mais la violence est quant à elle bien nouvelle. Rythme lucifériens, saccades répétées qui montent progressivement dans les tours jusqu’à l’abandon total. Jusqu’à ce fameux moment de transe, le coup de poing dans la gueule, ou plutôt le tabassage en règle, brutalement stoppé à 8 minutes par un gros breakdown qui absorbe une à une les dernières parcelles d’adrénaline qui coulent dans vos veines.

On retrouve alors le Burial pur jus, celui qui balance des grésillements lointains, celui qui tourne au clapotis des gouttes de pluie qui s’écrasent sur les pavés. Cette douce amertume perdue dans une noirceur dubstep downtempo, émotionnellement pleine à craquer. Sans trop s’en rendre compte, on est déjà passé au morceau suivant, Hiders. Une stase éthérée, qui verse totalement dans le fantasmagorique pur et dur. À ce stade tout se mélange, l’amour, la haine, le plaisir, les souvenirs d’enfance, la vie, la mort, tout, absolument tout se retrouve perdu dans les méandres de ces longs morceaux teintés de rave où Burial se délaisse de toutes formes de distinction, pour mieux annihiler cette limite qui pourrait venir briser l’état de grâce. Pour résumer, le mec nous lâche 30 minutes sans interruption qui retournent le cerveau de part en part jusqu’au final, le climax : Come Down to us. Un véritable cataclysme d’endorphines de 13 minutes qui flingue littéralement tout ce qu’il y a autour. Le genre de truc qui traverse allègrement la barrière et dont on ne revient pas. Ça te mange les neurones à petits feux, ça prend possession de tes yeux et ça t’arraches le cœur.

C’est à ce moment-là que tu comprends que le mec le plus discret de la planète est littéralement en train de se foutre à poil devant toi. Qu’il se tien là, une main tendue, la bite à l’air, et qu’il t’offre une épaule réconfortante sur laquelle venir chialer comme une merde. Burial a clairement franchi le pas. Contrairement à Untrue, Rival Dealers ouvre des portes beaucoup plus universelles, quitte à paraitre moins subtil. En témoignent ces voix fantomatiques d’outre-tombe qui viennent scander leurs complaintes au fil des morceaux, comme les âmes errantes d’un épisode de Silent Hill : « Take me away », « Excuse me, i’m lost », « You’re not alone », « There’s no one like you ». On pense aussi au monologue de Lana Wachowski sur l’acceptation de sa nouvelle identité, qui clôture un des EP les plus marquants de la carrière d’un mec dont on n’a pas fini de parler.

Burial Rival Dealer - VERDICT

Par Random Hero le

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