Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Vous vous demandez certainement pourquoi on parle encore de Scorpions en 2015. L’aberration, le bug dans la matrice, le bond temporel. Cette fois-ci, ce sera la dernière. Voilà maintenant quelques albums que les Allemands nous font le coup. Pourtant, ils finissent par revenir, encore et toujours. Une dernière tournée, un dernier album, un dernier sursaut de gloire après plus d’un demi-siècle à arpenter les scènes du globe. Après 50 putains de piges, on est clairement en droit de parler d’un groupe bien dans ses pompes, qui traverse le temps et les générations avec la même énergie, le même message, et j’irais même jusqu’à dire la même musique. Dans un milieu musical en constante évolution où la remise en question est devenue une composante essentielle, il est parfois bon de pouvoir s’appuyer sur quelques valeurs sûres. Et ce sont précisément dans ces moments là que vous êtes heureux de voir émerger une nouvelle galette de Scorpions.

La dix-huitième si je ne m’abuse. Ce n’est pas comme si vous ne saviez pas à quoi vous attendre. Les mecs sont des piliers de comptoirs, des légendes qui touchent hélas de moins en moins les nouvelles générations. À ce stade des choses, on est au courant qu’on fait clairement un article pour la gloire. Ceux qui lisent ces lignes sont les anciens. Ceux qui n’ont pas encore consumé cette douce flamme qui nous ramène à des époques insouciantes, aujourd’hui sources de tous les fantasmes. Pour être franchement honnête, il serait tellement facile de dézinguer cet album de fond en comble que ça devient presque criminel de ne pas le faire. Ne vous y méprenez pas, la diatribe est toute trouvée : on pourrait parler de ce genre qui tourne en rond depuis des décennies, de la soupe pseudo hard rock horriblement mainstream, sans oublier l’inévitable argument commercial franchement douteux : un album fait de chansons sorties du tiroir, écrites quelque part entre les 80’s et 2014. Du matos jamais utilisé pour une bonne raison. En un mot : du déchet.

Et que dire que ces paroles, qui enfilent les clichés du genre comme un long collier de perles que vous n’oseriez pas offrir à votre mère. On pourrait continuer la danse du blasé encore longtemps, foutre le Scorpion dans une boite avec tous les autres insectes fossilisés, et arrêter d’en parler aussi sec. Et vous pouvez le faire, si ça vous chante. Personnellement, je préfère prendre cet énième come back pour ce qu’il est : un revival pur et dur, dans sa forme la plus assumée et la plus décomplexée possible. Les mecs ne se cachent pas derrière une pseudo-évolution, ils n’essayent pas de faire autre chose que ce pour quoi ils ont été adulés, et ils continuent à être adulés après tant d’années : du bon vieux hard rock des familles, mélodieux à souhait, énergique. Une musique dépouillée de tout artifice qui ne garde plus que la substantifique moelle. Le fun, le plaisir coupable, et un brin de nostalgie. Demander à Scorpions de raccrocher, c’est comme dire à Woody Allen d’arrêter de faire des films parce qu’il est trop vieux pour ça. Laissez le type faire son truc, et si ça vous sort par tous les orifices (ce que je peux aisément comprendre), ce n’est une raison pour partager vos fluides fécaux avec les autres.

On ne s’attendait clairement pas à la relève de Animal Magnetism. Après tant d’années de carrière, le moment est généralement opportun pour faire s’abattre une pluie de best of, ou bien pour lâcher l’album de trop. Regardez AC/DC. Regardez le dernier album de Boston. Pas bien glorieux, vous en conviendrez. Les codes de Scorpions ont beau être éculés, ils n’en restent pas moins appréciables sur certain niveaux. Il suffit de voir l’attente générée par le groupe au prochain festival du Hellfest. J’ajoute que pour des titres restés dans les tiroirs, Return to Forever est d’une étrange qualité. House of Cards, Rock My Car, Dancing with the Moonlight, Hard Rockin’ the Place, Rock N Roll Band, Going Out with A Bang : tous auraient pu être des hits en puissance. La qualité des 17 titres de cet album m’a laissé sur le cul. Preuve que les mecs de Scorpions avaient largement le matos pour remporter toutes les guerres. On tient enfin le secret de la longévité.

Scorpions RTF - VERDICT

Par Random Hero le

Plus de lecture