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Reality Testing, de Lone

Rêverie urbaine

Il se passe de très jolies choses ces temps-ci du côté de Lone. Pour sa sixième itération, le producteur anglais de Nottingham ne renie pas ses principes. Deuxième album sur le fameux label R&S Records, Reality Testing condense toutes les influences de Matt Cutler. 13 tracks étonnamment homogènes, qui naviguent entre UK Garage et résonances hip-hop. Ondes rétro et modernité. Une production chiadée jusque dans les moindres recoins, qui nous donne de quoi nous occuper un bon moment. Une grosse confirmation pour un artiste dont on a de plus en plus de mal à décrocher.

Les premières notes sont oniriques, éclatantes comme du cristal. Un égarement dans la dimension Final Fantasy, qui sert en réalité de parfaite introduction à l’heure de rêverie urbaine qui va suivre. Il fallait bien poser une suite à l’excellent Galaxy Garden paru en 2012, qui avait valu à Matt Cutler les faveurs du public comme celui des membres du jury. Son aura stylistique assez unique se veut une fois de plus la synthèse de multiples références. Des vagues électroniques perdues d’un Boards of Canada, aux sonorités urbaines d’un Madlib, en y ajoutant la juste dose de UK Garage des familles : le spectre est large et le résultat étonnamment homogène. Si le mariage électronica / hip-hop n’est définitivement plus à prouver, il n’est ici pas une fin en soit, mais plus un moyen pour Cutler de nous emmener dans son imaginaire. Là où tout se bouscule dans une harmonie qui frise l’incompréhension.

Voilà comment on peut enchainer sereinement un Meeker Warm Energy, qui reprend quelque peu le groove du Computer Face de FlyLo, et un 2 is 8 affreusement old school, qui n’attend que le flow d’un rappeur des 90’s. Entre les deux tracks, l’excellente Aurora North Quarter se charge de faire décrocher les esprits, notamment par le biais d’un « Close you eyes » chuchoté suivis d’une bassline étouffée comme on en fait plus. C’est sûrement là le plus gros atout de cet album, et accessoirement un des talents majeurs de Lone : le mec nous fait passer du coq à l’âne sans sourciller, et sans que jamais on ne vienne se demander ce qui est en train de se passer. Airglow Fires est à ce titre un bel exemple de l’éclectisme qui condense tranquillement un peu tout ce qui se fait dans ce Reality Testing. Ça clappe dans tous les sens, ça tape allègrement dans le passé, ça te prend par la main avec une mélodie pêchue, et ça n’oublie pas de placer quelques breaks aériens futuristes. Tout un programme donc.

On en viendrait parfois à faire la comparaison avec un certain Hudson Mohawke, qui truste lui aussi pas mal la scène anglaise sous la houlette de Ninja Tune. Le morceau Coincidences de Lone aurait d’ailleurs aisément pu figurer sur son album Butter sorti en 2009. À la seule différence qu’on retrouve chez Lone un travail sur le détail et sur l’instru qui ferait plus penser à un Bonobo ou un Gold Panda sur un Restless City ou un Begin to Begin. Puis il y a cette forte présence house qui fera plaisir aux amateurs de Disclosure. On ne parle bien entendu pas de la house dégueulasse qu’on vous sert à Ibiza, mais bien du truc qui sévit à Chicago. La très bonne Vengeance Video en est un exemple plus que probant avec sa mélodie claire comme de l’eau de roche qui colle en tête, bourré de résonances luxuriantes et de pianos lounge qui se font malmener par une progression dans la distorsion. Un joli moment, pour un album qui en a à revendre.

Lone Reality Testing - VERDICT

Par Random Hero le

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