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Rave Tapes, de Mogwai

Arme Silencieuse

Si vous connaissez déjà Mogwai, alors vous devez être familier avec ces transes aériennes et ces orages soniques qui ont largement contribué à conquérir le cœur des foules. Aujourd’hui, les mecs de Glasgow franchissent un nouveau cap difficile à décrire, mais qui semble en tout cas empli d’une sérénité nouvelle. Une sérénité qui n’empêche heureusement pas Rave Tapes de copieusement retourner le cerveau. Et de nous plonger au passage dans un bon vieux Black Out de 49 minutes.

Fiers représentants de ce que certains s’acharnent à étiqueter de post-rock, le quinquet écossais en est déjà à son 8e album studio. Ajoutez à cela l’excellente bande originale des Revenants ainsi que celle d’un film sur Zizou, et vous avez plus ou moins fait le tour. Leur évolution (qui se fait sur 20 ans) reste une des plus enrichissantes à suivre, tant chacun des disques apporte quelque chose de plus que le précédent. Cela n’a pourtant pas empêché quelques voix de s’élever, accusant notamment le groupe de vouloir à tout prix renouer avec leur succès des 90’s. Sans catégoriquement affirmer que c’est faux, il faut bien reconnaitre que leur musique tend à affirmer le contraire. On est certes dans le même registre que l’énorme Young Team sorti en 95, mais les ajustements artistiques ne manquent pas depuis 20 ans. À commencer par l’aura plus « synthétique » des derniers albums, qui sonnent tout de même un peu moins crade que ce qui se faisait il y a quelques années.

Remurdered, le lead single de cette galette en est l’exemple le plus probant. Les riffs de gratte de monsieur Stuart Braithwaite sont bien au rendez-vous, mais accompagnés d’une présence remarquée d’un Barry Burns qui déchaine crescendo son clavier. Le morceau prend alors une tout autre ampleur, devenant ce qui pourrait être une track perdue de la soundtrack du jeu Hotline Miami. Même constat pour la douce entrée en matière Heard about you last night, qui se fait sur la pointe des pieds, s’enveloppant progressivement dans un cocon d’électronique ambiante. Un peu plus tard, les accords de piano posés de Blues Hour sonnent le début d’une douce montée en puissance de 6 minutes. Une vraie arme de destruction massive silencieuse, qui s’enchaine sur le magnifique No Medicine for Regrets qui fait partir très loin. Les nostalgiques ne seront pas en reste avec Hexon Bogon et Master card qui n’hésitent pas à transcender tout riff dehors, grosses basses en fond, mais sans jamais se dénaturer du reste. La seule vraie grosse rupture vient de Replenish, et son monologue forcé qui louange Stairway to Heaven de Led Zepplin. On n’a rien contre le propos, mais il faut bien reconnaitre que cette grosse voix fait un peu l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

C’est d’autant plus dommage tant Rave Tapes fait preuve d’une remarquable cohésion, même si l’album avait clairement gagné en force avec un peu plus de rage dans les veines. Très franchement, le côté apocalyptique des débuts manque vraiment cruellement (Mogwai fear Satan c’était quand même autre chose). Reste cette impression fort agréable d’une bande de types qui vient de cracher la musique qui lui passait par la tête. Il y a une vraie spontanéité qui sonnerait presque comme un truc fait sur un coup de tête. En tout cas, ça ne ressemble clairement pas à une tentative de renouer avec le passé. Rien n’est tiré par les cheveux, ou bien arraché d’un contexte commercial quelconque. Rave Tapes, c’est juste l’histoire de 5 mecs qui ont pris tout leur temps pour préparer un album. Et pas n’importe-lequel.

Mogwai Rave Tapes - VERDICT

Par Random Hero le

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