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Purpose, de Noisia

Grandeur et Décadence

On est toujours partant pour s’envoyer du nouveau matos des Hollandais de Noisia. En un peu plus d’une décennie, Nik Roos, Martijn Van Sonderen & Thijs de Vlieger ont su migrer des méandres de la scène drum’n’bass underground, jusque dans les consciences collectives. Une performance relativement honorable compte tenu de l’état assez confidentiel de la scène en question, qui ne sort de sa cave humide qu’à de bien trop rares occasions. À la tête de pas mal de gros projets, le trio de Groningue n’a jamais renié sa formule d’origine : à savoir des rafales drum and bass mécaniques et futuristes, à l’emprunte métallique glaciale. Bonne nouvelle : ce n’est certainement pas avec l’EP Purpose que les choses vont changer.

La dernière fois que l’on avait croisé ces mecs là, ils étaient déjà occupés à faire mumuse avec leurs potes les Foreign Beggars. C’était l’année dernière, sur le projet très orienté dubstep I am legion. Et déjà là, on sentait chez eux ce besoin de ne pas être d’accord avec la norme. Une parenthèse artistique de haut standing, qui ne valait tout de même pas la claque d’un Split the Atom, parut en 2010. Soyons sérieux 5 minutes, c’est bien lorsqu’ils sont reclus à 3 dans leur studio tout neuf de Groningue que les mecs de Noisia sont les meilleurs. Ensemble, ils parviennent instantanément à recréer cette patte audio, reconnaissable en quelques minutes. Comme les résonances des bas-fonds crades d’une ville futuriste, les 6 minutes 47 de Long Gone lèvent le voile sur à peu près tout ce que l’on a aimé chez Noisia durant ces 10 dernières années.

Solidement ancré dans leurs racines, le trio est plus à l’aise que jamais, superposant les mélodies perdues, les saccades qui montent à la tête et les drops minimalistes. L’ouverture Oh Oh est un modèle de grandeur et de décadence. Le genre de track qui inonde les synapses dans un bliss de presque 7 minutes annihilant tout le reste, tout en réussissant à caser quelques breaks à l’aura gothique qui feront plaisir à ceux qui avaient déjà aimé le groupe sur la soundtrack du dernier Devil May Cry. En terme d’intro, c’est assimilable à une bonne grosse fellation. Là où on aurait pu craindre une approche trop mainstream de la chose (qui n’aurait eu que pour effet d’édulcorer le propos), Noisia persiste et signe dans le soulagement général. Les 8 tracks de cet EP ne déçoivent à aucun moment, et continuent de répandre la bonne parole dans la débauche la plus totale.

Au-delà de Split the Atom, Purpose signe un retour aux EP de la première heure style Block Control / Collision. On retombe carrément dans les années 2000 sur Asteroids et Shaking Hands, avec leur voix off à la Pendulum qui scande des trucs SF avant les drops. Shaking Hands, qui reste au passage un des gros temps forts de la galette. Assurément le genre de truc là pour tenir les braves éveillées à 6h du mat devant un caisson, les yeux injectés de sang. Running Blind et Purpose ne déméritent pas non plus, en injectant habilement un univers très travaillé tout en respectant le cota minimum de BPM toléré. Douze ans après, on est content de voir que la formule Noisia n’est pas épuisée. Mieux, elle s’affine avec le temps.

Noisia Purpose - VERDICT

Par Random Hero le

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