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Vous ne le savez peut-être, mais T.I. est l’un des artistes à l’origine de la Trap, ce genre musical en pleine explosion qui tends plus désormais vers la banalisation que vers la spécification. Celui qui fut l’un des porte-parole du Dirty South livre tout de même son neuvième album avec Paperwork The Motion Picture. Et même si cela pourrait paraître étonnant, ils ne sont pas nombreux à avoir sa carrière, encore moins sa popularité qui semble intouchable au fil des années. Pas son meilleur album, ni le pire, Paperwork affiche une dualité intéressante : celle d’un papy en charentaise qui planque un 9 mm chargé sous son rocking-chair.

Sa rédemption, T.I. ne cesse d’en faire la promotion depuis Paper Trail, son sixième album. Incarcéré suite à un trafic d’armes, le rappeur semble s’être assagi. Sur le titre New National Anthem, il déclare « You say this the home of the brave I guess / I say this the home of the K’s and the vets ». La rime n’est pas anecdotique pour un ancien tôlard qui semble avoir eu pendant longtemps un penchant pour la poudre à canon. Du coup, s’il semble abandonner son péché mignon, c’est pour mieux se concentrer sur les trois autres facettes de tout bon rappeur qui se respecte : le pognon, les femmes de peu de vertu et son égo. Sur King, l’excellente introduction de l’album, Clifford Joseph Harris ne vole pas une seule seconde son statut de roi du sud.

La production soul de Mars or 1500 or Nothin’ convient parfaitement au flow ravageur de T.I, définitivement plus en forme que jamais. Bon, il faut avouer que le souffle retombe assez vite, puisque l’album s’avère souvent inégal. En fait, T.I. n’est jamais meilleur que lorsqu’il déchaîne toute sa hargne. Sur Jet Fuel, on oubliera volontiers la prestation piteuse de Boosie Badazz, pour se concentrer sur la puissance des cuivres qui accompagnent les couplets tranchés de T.I.P, l’alter ego peu recommandable du rappeur. Produit par Pharell Williams, qui apparaît sur les sympathiques Oh Yeah et Paperwork, l’album dispose d’une dimension pop commerciale qui tranche avec la radicale puissance de titres comme King, Jet Fuel ou encore Sugar Cane. Il faut alors nécessairement passer par des featurings mielleux, portés par des noms comme Chris Brown, Usher ou encore The Dream.

Ce n’est certainement pas la partie la plus intéressante de cet album, puisqu’elle a déjà été entendue une bonne dizaine de fois cette année, sur les albums d’autres rappeurs. Seul No Mediocre parvient à tirer son épingle du jeu pour une seule et bonne raison : le couplet d’Iggy Azaela a renvoyé Nicky Minaj sur les bancs de l’école. Paperwork souffle le chaud et le froid, partagé tout simplement entre de très bons titres sur lesquels T.I. mouille le maillot et des titres d’une grande paresse qui s’oublient aussitôt qu’ils sont finis. À l’image de la musique Trap qu’il a popularisée, T.I. se généralise alors qu’il n’est jamais meilleur que lorsqu’il reste fidèle à ses racines. La bonne nouvelle, c’est qu’après neuf albums, le rappeur d’Atlanta est encore et toujours capable de livrer un LP décent, à défaut d’être marquant.

TI Paperwork - VERDICT

Par Sholid le

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