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Outbreak, de Zomboy

Après la bataille

La première fois que l’on a entendu Zomboy sur la chaîne YouTube de UKF, on savait d’emblée qu’on avait affaire à un spécimen pas comme les autres. C’était sur la track Organ Donor parue il y a 3 ans, au zénith de l’été de la sainte année 2011. Une gifle en bonne et due forme comme dirait le Capitaine Crochet, dont on garde aujourd’hui encore un souvenir ému de débauche estivale. Depuis, le producteur anglais Joshua Mellody enchaine les EP qui se classent parmi des références de la scène dubstep. The Dead Symphonic et Reanimated en tête. Ce dernier étant sorti pas plus tard qu’au mois de septembre de l’année dernière. Presque 12 mois plus tard, Zomboy remet (enfin) le couvert avec l’arrivée très anticipée de son premier format long. Pourtant, la gifle ne fait plus aussi mal, laissant en lieu et place d’une joue brûlante un arrière-goût de réchauffé. L’album n’est pas foncièrement mauvais, il arrive juste trop tard.

Outbreak aurait en effet gagné beaucoup à sortir deux ans auparavant, et ce, pour une raison très simple complètement indépendante de Zomboy lui-même : la scène dubstep est au bout. Le genre est au bout. À bout de souffle après trois années de climax, le public semble pour le moment rincé. Comme tout genre musical, la dubstep moderne telle que nous la connaissons a ses limites. C’est simple : tout ou presque a déjà été fait, du mainstream au plus hardcore, en passant par la fusion avec à peu près tous les genres musicaux compatibles qui existent dans le bouquin. Du coup, même un type comme Zomboy n’arrive plus à nous surprendre. Ce qui dans un sens est malheureux, puisque toutes les émanations ou presque de ce premier album sont légitimes. C’est propre, ça fait le travail, mais vous n’allez clairement pas avoir envie de claquer une détente à la Lebron James en entendant ça. C’est bien là la conséquence directe de cette crise existentielle dans le monde de la dubstep, qui pousse les artistes à chercher des références toujours plus lointaines dans un simple souci de renouvellement.

Ce qui sur le papier pourrait avoir l’air d’un truc excitant, se traduit dans les faits par des tentatives souvent désespérées de se détacher de l’image d’un genre qui intéresse de moins en moins de monde, et qui est de moins en moins représenté en festival. C’est exactement ce qui est arrivé à Zeds Dead sur leur récent album Somewhere Else, qui s’est basiquement cassé la gueule en jouant sur 36 tableaux à la fois. On aurait pu craindre le même triste sort pour notre bon vieux Zomboy. D’autant plus que la première track Nuclear pose les bases d’un album solide, qui aurait pu tenir la cadence s’il s’était contenté de s’en tenir à son registre de prédilection : à savoir les grosses basses, les distordions à l’ancienne, et la création de matos idéal pour s’envoyer sans compter dans une fosse bien punitive. Or, Outbreak va lui aussi explorer une multitude de genres dans le seul souci économique d’élargir sa cible de base. À croire que la dubstep pure et dure n’est plus rentable. Plus que jamais, il faudra certainement attendre le creux de la vague pour recommencer à voir qui était vraiment sérieux à propos de faire ce genre de musique, et qui était là pour se faire du blé et une pseudo-renommée (qui n’a aujourd’hui officiellement plus aucun sens).

Dans cette configuration relativement complexe, Zomboy semble faire parti du camp des gentils. Le mec y est pour de vrai, et c’est bon à savoir. En témoigne les assez violents Skull’n’bones et Immunity, qui peuvent sur certains points rappeler l’énorme EP Destroid, qui rassemblait Excision, Downlink & DJ Sawka. De leur côté, Beast and the Belly et Outbreak dégainent les grosses bass-lines chargées d’influences trap music. De quoi confirmer le statut de « porte de sortie » en or que constitue la trap pour les DJ dubstep en quête de sang frais. Airborne est une très belle track, qui ne laissera pas insensible les plus grands amateurs de breaks mélodieux et de constructions dubstep classiques aux allures mainstream potable (car oui, mainstream et potable peuvent être deux mots employés sans honte dans la même phrase). Plus problématique, Delirium est vraiment la pire conclusion que l’on puisse trouver à cet album. Entre les chants dégueulasses, les lyrics dégueulasses clichés à souhait et les breaks dégueulasses vus, revus, et re-revu, on pourrait penser qu’on a affaire à un énième set préenregistré de Steve Aoki. Vous avez envie de vomir ? Vous avez le droit.

Zomboy Outbreak - VERDICT

Par Random Hero le

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