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Our Love, de Caribou

Groove millimétré

La success-story de Daniel V Snaith s’est faite au ralenti. Doucement, lentement mais surement. Il le dit lui-même : il a eu le temps de voir venir la gloire, timidement approcher avec ses courbes canon. Elle est cette fille qui lui tourne autour depuis près de 10 ans. Le frôlant sans cesse, lui lançant des regards affolants, jusqu’à la délivrance en 2010. Un virage électronique lancinant du nom de Swim, qui a ouvert les portes du succès international à Caribou. Un album qui a mis plus ou moins tout le monde d’accord, à en juger par son énorme présence dans les concerts et autres festivals du globe. Daniel Snaith ne tourne plus autour de sa belle gloire. Il l’enlace, il lui dévore la bouche, il la déshabille dans la rue. 4 ans plus tard, tous les yeux se tournent logiquement vers Our Love, un nouvel opus qui enfonce timidement le clou.

Mathématicien chevronné de formation aux parents tout deux professeurs reconnus en université, Snaith a pris le temps de voir murir son succès dream pop. Sa musique est peaufinée, réfléchie, cohérente. Elle est bonne, et loin d’être conne. Diffusé il y a quelques semaines, le single Can’t do Without you en est un beau testament, qui synthétise une bonne partie de la substantifique moelle estampillée Caribou. Des résonances minimalistes, un petit côté easy-to-listen, et un groove simpliste qui n’émane pas d’une équation très complexe. Il n’en faut finalement pas plus pour transmettre quelque chose, une émotion vibrante, une montée dans les tours qui prend par la main et qui laisse un vide intérieur lorsque le silence lui succède. Snaith revient pourtant de loin. Précédemment connu sous le nom de Manitoba, il avait dû changer de patronyme il y a presque 10 ans sous menaces de poursuites judiciaires. Depuis il multiplie les alias. Vous l’avez peut-être entendu il y a 2 ans, sous l’identité de Daphni. Un nouveau succès, qui semble avoir titillé la fibre sentimentale du Canadien d’origine.

Non pas que l’on n’ai quelque chose contre les albums qui parlent d’amour du début à la fin. Mais il faut bien dire que le thème doit très certainement être la corde la plus usée de l’histoire de l’humanité. Sempiternelle source d’inspiration plus ou moins fructueuse, entendue hier, aujourd’hui, demain, et surement jusqu’à la fin des temps. L’interprétation à la sauve Caribou n’est pas vraiment symbole de révolution, mais l’intention y est : basses lancinantes, tendrement envoyées au sein de structures qui confondent parfois l’épuré et le minimaliste. Le Canadien arrondit les angles, il polit sa musique à la limite de l’uniforme. Mais il parvient tout de même à garder cette petite subtilité qui le sépare d’une production pop de bas étage. Tantôt dansant, tantôt planant, Caribou joue la carte de la diversité et évite les temps morts. Sous sa carapace down-tempo, Silver est par exemple une belle initiative qui excelle dans le domaine de la parenthèse stratosphérique. La track parfaite pour serrer ? Assurément. Sur Second Chance, c’est la carte du RnB rétro qui est jouée. Une idée au premier abord casse-gueule qui donne pourtant lieu à l’une des pistes les plus fraiches de l’album.

Même constant pour la prenante Back Home, ou encore la chaleur orientale de You’re Love will set you free. On en viendrait même à penser aux frangins de Disclosure sur l’éponyme Our Love, qui frôle par moment la house / UK Garage. Sample entendu dans le final de When a Fire Starts to Burn, et drop minimaliste à l’appui. De quoi appuyer l’argument de l’album passe-partout. Il fonctionne en solo, en soirée, en festival, en club, et dans le bus. Hélas, c’est aussi ce qui fait de Our Love un album plutôt oubliable. Il est bon partout, mais n’excelle nulle part. Son effort de diversité n’est d’ailleurs pas toujours payant. Mars donne l’impression d’écouter une nouvelle track de Gold Panda enregistrée dans un état catatonique, quant à All I ever Need et Julia Brightly, on dira qu’elles sont dans le meilleur des cas assez oubliables. À défaut de la passion déchirante, cette histoire d’amour avec Caribou vaut clairement la peine d’être vécue. En attendant le prochain chapitre.

Caribou - VERDICT

Par Random Hero le

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