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Duo improbable au premier abord, Boys Noize et Chilly Gonzales n’en sont pourtant pas à leur premier méfait tous les deux. Ils se remixent l’un l’autre, ont quelques fréquentations en commun, et se sont déjà prêtés main-forte par le passé. Mais de là à franchir le pas d’un album collaboratif, il y avait bien un gouffre qui a pris tout le monde à revers. D’un côté Alex Rhida, le monstre de l’électro Berlinoise dont les productions rentre-dedans ne sont pas vraiment connues pour faire dans la finesse. De l’autre le génie fou de Montréal, pianiste hors pair que vous avez notamment pu entendre sur le dernier album de Daft Punk. On ne va pas se cacher qu’aux prémices du projet, l’aura était plutôt perplexe. Pourtant après mûre réflexion, Octave Minds fait partie de ces albums qui s’installent sur la longueur.

Pas de petits bouts ça et là, pas de demi-mesures. Octave Minds s’écoute d’un trait avant de recommencer. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’excellente Symmetry Slice soit divisée en deux parties au sein de l’album. La première sert d’ouverture, alors que la seconde conclut en beauté les 40 minutes de cette galette. La boucle est bouclée, refermant ainsi une sorte de cercle d’écoutes sans fin. On se surprend soudain à marteler la touche repeat one. Et à chaque nouveau passage, les mélodies du maestro Gonzales s’impriment un petit peu plus profondément. Faisant parfois penser à du Woodkid, la démesure et la prétention en moins. Anthem lance les hostilités tout en délicatesse. Des sonorités organiques, un piano seul face à lui-même, puis les basses sonnantes et trébuchantes qui signent l’entrée en matière d’un album qui fait avant tout preuve d’une grande cohérence.

Cela ne veut pas dire que notre duo n’a pas su diversifier son effort. Et ce, malgré cette aura qui transpire le disque soporifique à des kilomètres. Octave Minds n’est pas juste un énième album idéal pour aller faire une petite valse dans les bras de Morphée. Chose qui n’est pas pour nous déplaire, notamment sur la pêchue Tap Dance, qui pose le flow déconstruit de Chance the Rapper sur une intru lounge jazzy à souhait, s’offrant au passage une montée dans les tours de fort belle facture. Même constat sur la puissante Royalties, qui dégaine la formule électrique de grandeur et décadence, empruntée par Daft Punk sur la bande originale de Tron. Mais c’est bien sur Done Deal que Boys Noize reprend les rennes le plus fermement. Passée l’introduction mélodieuse planante, c’est l’orage électrique pur et simple. L’ambiance et glaciale, le ciel s’assombrit, et Alex Rhida fait gronder le tonnerre. Le bougre se paye même le luxe d’un bon gros solo à la guitare électrique. Comme ça, histoire de donner dans la générosité. Il y a du headbanger dans l’air. Et le plus fou dans l’histoire : c’est que ça passe comme une lettre à la poste.

Chose qui relève tout de même de l’exploit, compte tenu qu’il n’y a même pas 5 minutes, l’auditoire était encore bercé par les notes enchantées du pianiste sur la très belle Projectionist. Médusé, on enchaine sur ce qui reste probablement une des plus belles tracks de la l’album : In Silence. On assiste alors à une mélodie toute en légèreté, qui ne tarde pas à laisser place à une véritable symphonie qui marche sur la pointe des pieds, faisant tournoyer les instruments dans un Eden imaginaire, entre gouttes de pluie, chants oniriques, et notes délicates. Là où on pouvait craindre l’affrontement perpétuel de la violence constante de Boys Noize, face au doigté de Gonzales, les deux artistes font naître sous nous yeux ce que l’on pourrait considérer comme une des plus belles bromance artistiques de ce début de rentrée. Ce n’est pas le choc des titans, mais bien la synthèse de deux univers qui s’entremêlent pour ne faire qu’un. Créant ainsi une nouvelle entité à part entière. Désormais, on ne parlera plus de Boys Noize et Chilly Gonzales. Ce sera Octave Minds.

Octave Minds - VERDICT

Par Random Hero le

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