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Mosquito, de Yeah Yeah Yeahs

Incantation lointaine

Leader de choc et chanteuse de charme, la new-yorkaise Karen O cache derrière sa frange noire et raide une des voix les plus hypnotisantes de la scène rock de ces 10 dernières années. Instrument majeur du succès grondant du trio Yeah Yeah Yeahs qui a déjà 3 albums à son actif, et (presque) autant de succès. Aujourd’hui, la formation remet le couvert et se fait remarquer en sortant une jaquette qui rentre déjà dans les annales des covers les plus hideuses de l’histoire de la musique. Ultime provocation qui détourne d’une réalité certaine: avec Mosquito, les YYYs lâchent un LP qui est loin de faire mouche.

En 2009, on quittait la formation sur un It’s Blitz ! qui laissait de grands espoirs. Quatre ans plus tard, Mosquito se balade, il se lancine, il virevolte, balbutie, mais ne décolle jamais. L’album est plus intime, et les tracks post-Maps pullulent, sans pour autant atteindre la puissance émotionnelle de l’original. Wedding Song, Despair, ou encore These Path sont des titres posés et paradoxalement saturés d’effets, de bruitages et de samples en tout genre, témoins d’une ère plus résonnante mais également plus complexifiée dans la recherche artistique du groupe. Il y a 10 ans, la formation brillait par un son pop-rock droit-au-but qui tapait immédiatement ou ça fait mal. Aujourd’hui, on doute de cette complexité qui apporte une texture certes fort agréable, mais bien souvent artificielle, voire nuisible à la retransmission juste des tracks concernés.

Pourtant, tout commençait sur les chapeaux de roues avec un Sacrilege qui scande à grand coups d’incantations hypnotiques un début d’album plein de promesses. Appuyé par un back-up gospel tout simplement mythique, la voix à la fois introvertie et pècheresse de Karen O s’entremêle à la puissance des chœurs lors d’une montée franchement salvatrice qui rend le titre coupable d’un plaisir non dissimulé. A écouter et réécouter jusqu’au fanatisme.

Et mit à part le relativement classique Mosquito (dans lequel vous aurez le privilège d’entendre Karen O imiter le moustique comme personne), le reste n’est que tentative et expérimentation. Dans Subway, YYYs mixe les bruits d’un métro à une mélodie envoûtante qu’on pourrait écouter un jour de spleen urbain, bien à l’abri de la pluie, la tête appuyé contre une vitre froide de bus. Dans Buried Alive, les new-yorkais mettent leur univers au service d’un flow hip-hop (à moins que ce ne soit l’inverse) posé par Dr Octagon. Enfin, Slave s’impose comme une piste aux touches pop discrètes, mises en retrait par des effets de distorsion du meilleur goût.

Véritable fil rouge, la voix de Karen vole souvent égoïstement la vedette lors des morceaux. Chose qui n’aurait pas été pour nous déplaire si ces derniers n’avaient pas manqué d’un peu plus d’audace. La jaquette annonçait un album rentre-dedans qui n’avait pas peur d’interpeler. Une démarche on ne peut plus rock dans l’âme qui peine pourtant à se concrétiser une fois les hostilités lancées.

10 ans après l’époque Maps / Y control, les trois Y nous servent un quatrième LP, certes bourré de charme, mais qui tombe dans une fausse complexité qui mène bien souvent à un ennui fatal. C’est un fait, si Fever to tell était l’album pour se réveiller, Mosquito en est un pour s’endormir.

YYY Mosquito - VERDICT

Par Yox le

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