Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

On ne va pas se mentir, pour beaucoup la carrière des Smashing Pumpkins s’est arrêtée un soir de décembre, au beau milieu des années 2000. Corgan entouré de sa formation originale jouait pour la dernière fois au Cabaret Metro. Le même club de Chicago qui avait lancé le groupe 12 ans plus tôt, avec un live de 35 minutes mémorables. Rincés par les tensions et la drogue, les citrouilles éclatées auraient dû en rester là. La suite vous la connaissez : une reformation 5 ans plus tard allégée de la moitié des membres originaux, et des albums qui n’ont fait que diviser une fan-base fragilisée par tant de déboires. On ne vous dit pas que Zeitgeist ou Oceania sont des albums foncièrement à chier. Simplement qu’ils jouissent d’une approche plus électronique, qui a laissé beaucoup de fans de la première heure la queue entre les jambes. Sans surprises : Monuments to an Elegy ne risque pas de changer la donne.

Dans le fond, tout se résume à une simple question : avez-vous (ou non) recraché l’intégralité de votre 4 heures lors de votre premier passage sur Oceania ? Si la réponse est oui, vous infliger Monuments to an Elegy relève de l’acharnement thérapeutique. La direction prise par le groupe est ce qu’elle est. Il serait d’ailleurs assez étonnant de les voir changer de cap. Enfin, quand on parle de « groupe », on ne parle en réalité plus que de ce bon vieux Billy Corgan, qui reste le seul membre originel de la formation. C’est à se demander pourquoi le natif de Chicago ne préfère pas l’option de la carrière solo. Deux raisons : la première qui semble la plus évidente, reste que Smashing Pumpkins sera toujours plus vendeur que Billy Corgan sur une pochette d’album. La seconde étant que Corgan lui-même ne semble pas décidé à laisser partir son bébé. Il s’acharne à le maintenir en vie, malgré le fait que parler de groupe n’ait désormais plus aucun sens.

On se souvient de « l’affaire des sosies », qui avait amusé (ou attristé) la presse musicale et le public. Lorsqu’en 2007, Corgan revenait ni vu ni connu avec de nouveaux musiciens, qui ressemblaient traits pour traits aux précédents (un asiatique, une jolie bassiste). La direction plus électronique du groupe n’est cependant pas une surprise. En 1996, James Iha balançait déjà une phrase qui restera dans l’histoire, et qui donne tout de suite une logique à la direction artistique prise par les Smashing : « Le futur est dans l’électronique. Ça parait ennuyeux de se limiter qu’au rock ». C’est marrant, Pink Floyd s’était fait la même réflexion. Peu à peu, les synthés chimériques se sont donc incrustés dans les productions SP, délaissant les solos qui raclent du monumental double album Mellon Collie and The Infinite Sadness, qui est et restera un monument du rock des années 90. Dans ce que certains appelleront sa grande déchéance, Corgan a eu moins eu le mérite de ne pas se vautrer dans un revival de l’époque grunge, qui aurait surement été encore plus catastrophique.

Dans le fond, bien qu’elle paraitra indigeste à beaucoup de fans de la première heure, la nouvelle formule du groupe est loin d’être dénué de logique, et d’intérêt. Pour résumer, Monuments to an Elegy n’est pas un album de merde, mais ce n’est pas non plus une explosion de saveurs. Si on retrouve les thèmes de prédilection du chanteur (l’amour, la tragédie, et lui-même), les productions manquent de ce petit truc qui fera vraiment décoller l’ensemble. En 2014, la formule du rock alternatif imbibée de synthés et de bons sentiments, est ce que l’on appelle une recette générique. Reste l’écriture très imagée et féérique de Corgan, qui brille une fois de plus sur Tiberius, Drum + Fife, ou encore la jolie Dorian. Sur Monuments, les synthés ne prennent même plus la peine de se fondre dans le décor. C’est totalement assumé. One and All et Anti-héros viennent heureusement timidement renouer avec les racines du groupe, en offrant des productions plus rock. 9 tracks plus tard, on en voit (déjà) le bout. Et ce n’est peut-être pas plus mal.

Smashing Pumpkins - VERDICT

Par Random Hero le

Plus de lecture