Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Monstres d’acier et de béton figés dans l’intemporel, embrumés d’un épais nuage qui plonge les allées new-yorkaises dans le Spleen. Le choix d’un cliché vieux d’un demi-siècle en couverture de Modern Vampires of the City n’a rien d’étranger. Parfaite représentation de l’univers mélancolique, doucement relevé d’une pop poétique d’un autre temps, chère à Ezra Koenig et sa bande. Souvent taxé d’abreuvoir musical du parfait petit Hipsters, Vampire Weekend se détache. Le quatuor grandit, s’affine, s’assombrit. En résulte un testament chiadé, peinture d’un univers savoureusement baroque qui fait de ce troisième opus, celui de la maturité. Sans conteste l’un des albums pop de l’année. Chronique.

Une maturité qui frappe à la fois dans leur propre réflexion, mais également la retransmission musicale qui en découle. Les vampires s’interrogent. Ils s’interrogent sur le temps qui passe, sur l’ennui, sur leur propre immortalité. La survie du corps et la mort de l’âme. Des thèmes typiquement baroques, qui affirment Vampire Weekend entant que poésie sonore. Une parenthèse dans une société périssable à la seconde près, où le quatuor fait le choix d’arrêter le temps. « Our days were long, our nights no longer. Count the seconds, watching for hours », « See the sun goes down, it’s going on down when the night is deep. Want a little light, but who’s gonna save a little light for me? ».

Lyricistes, les 4 de New-York le sont, et ils le prouvent encore avec une troisième œuvre maitrisée, à la plume affutée qui s’attarde sur des thèmes universels. Une profondeur pas toujours évidente, qui donne rapidement envie de s’y plonger, d’en savoir plus. De la branlette de bobos diront certains. Et pourquoi? Parce-qu’il faut pour une fois faire l’effort? Non pas qu’un Vampire Weekend se mérite, mais il se savoure.

Car tout est là pour vraiment en tomber amoureux. A commencer par la pop énergique des excellents Diane Young, Worship You, ou encore Finger Back: une comptine entrainante de piano-bar où vocalise et instrumentale s’enroulent à la perfection. Un travail d’harmonisation entre la voix aigüe très « pop » de Koenig et des arrangements qui ne se laissent jamais déborder, faisant des merveilles tout au long d’une galette dont justesse reste le maître mot. Ne pas en faire trop, au risque malheureusement de ne pas en faire du tout. Car il faut bien le reconnaitre, Modern Vampires of the City manque parfois de cette étincelle en plus qui nous fera crier au génie.

Pourtant, le génie est bien là, il se terre pour mieux se manifester là où on l’attend le moins. Un piano perdu, une ambiance mondaine, une aura mystique, une envolée maîtrisée: Hannah Hunt envoûte à plus d’un titre. Du candide Don’t lie, jusqu’à la sombre complainte Hudson, les Vampires lunatiques tergiversent sur des thèmes bien humains, avant de naturellement clôturer le chapitre de leur première trilogie sur un air de piano, scandant inlassablement un « You take your time, Young lion… ». La boucle est bouclée.


Steve Buscemi x Vampire Weekend

Avec un soucis d’équilibre proche du funambule, Vampire Weekend délivre un album intime à la fois sombre et poétique, servi par des arrangements pop de premiers choix. Une belle leçon d’indie tout en finesse qui – contrairement à ce qu’il inspire – n’est pas qu’un instrument de branlette pour hipsters sous-cultivés, c’est un beau testament qui flotte presque fantomatiquement au dessus de l’air du temps.

Vampire Weekend MVOTC - VERDICT

Par Yox le

Plus de lecture