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Mastermind, de Rick Ross

Le maître du jeu

Attendu au tournant par des millions d’auditeurs rancuniers prêts à lui mordre la bedaine, Rick Ross surprend avec un album qu’on n’espérait pas aussi bon. On imaginait les beaux jours du rappeur derrière lui, agonisant dans les eaux turquoise de Miami, et c’est avec plaisir qu’on les retrouve dans Mastermind. Alors oui, l’album aurait gagné à être plus court, à s’égarer un peu moins dans des titres bien trop classiques. Mais le cœur de Mastermind est plus solide que la crédibilité du rappeur. On en reviendrait presque à regretter une sortie estivale, histoire d’en profiter pleinement.

Dire que le cas de Rick Ross déchaine les passions est un doux euphémisme. Il faut dire qu’avec son passé de baron de la drogue monté de toutes pièces, le rappeur n’a pas tardé à s’attirer les foudres (voir même les calibres) des amateurs de Hip-Hop. Ancien gardien de prison, Rick Ross a construit son empire sur, n’ayons pas peur des mots, un énorme mensonge. Du coup, il devient assez facile d’attaquer l’officier sur la crédibilité de ses propos. Mais au risque de jeter un pavé dans la marre, on prendra soin de signaler qu’une majeure partie des acteurs de la scène hip-hop doit avoir un casier judiciaire aussi rempli qu’un Kinder Surprise. Et si on a décidé de revenir sur ce point, c’est dans l’unique but de fermer quelques clapets bien ouverts qui jugeront Mastermind sur cette histoire sans grand intérêt. Dans les faits, Mastermind est surement le meilleur album de Rick Ross depuis bien longtemps. Depuis Deeper Than Rap, à vrai dire. Il faut dire que depuis la formation de son label Maybach Music, le rappeur avait tendance à nous affubler de titres assez indigestes, beuglant à la moindre reprise, sans jamais retrouver la fraicheur de Port of Miami ou Trilla.

Le tir est rectifié avec ce nouvel album qui comporte quelques titres mémorables, des sons légers sur lesquels on imagine bien le rappeur de Miami se pavaner sur son Yacht, cigare dans une main, Ciroq dans l’autre, et naturellement, une belle nymphe entre les jambes. Ces titres, ils s’appellent BLK & Wht, Supreme, Sanctified, The Devil Is A Lie, Nobody, War Ready et Blessing in Disguise. Et ces titres, ils sont tous portés par des productions propres, léchées, maitrisées et surtout variées. Le propos n’a rien d’original, les histoires sont toutes les mêmes, mais la voix atypique de Ross, son flow parfois à la limite de la nonchalance et certaines punchlines bien trouvées (« Never really athletic but I play for keeps, do you feel me ? »  – Nobody) sont garants de la qualité de Mastermind. Même quand il s’attaque à un sample de Notorious B.I.G sur Nobody, le Bawse s’en tire plutôt bien, sans salir la mémoire de la légende à laquelle Diddy ne cesse de le comparer.

Bon, il reste quelques faux pas qui nous rappellent les mauvais travers du rappeur, des titres bien trop classiques pour tenir la dragée haute à la substantifique moelle de Mastermind. Il est d’ailleurs assez gênant pour Rick Ross de constater qu’il se fait voler la vedette sur quasiment tous les featuring de l’album. Ce n’est pas que le rappeur de Miami soit mauvais, c’est juste qu’il ne fait pas le poids face à la maitrise de Jay-Z sur The Devil Is A Lie, la hargne de Jeezy sur War Ready ou encore l’égocentricité légendaire de Kanye West sur Sanctified, surement le meilleur titre de l’album. Néanmoins, le rappeur de Miami reste fidèle à ce qu’il a fait, tout en apportant cette légère touche qui faisait le succès de ses précédents albums. C’est du rap mainstream, mais du bon rap mainstream, du rap sur lequel on revient avec plaisir, du rap avec un univers, du rap avec du charisme, du rap comme certain l’aiment.

Rick Ross Mastermind - VERDICT

Par Sholid le

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