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Si la fortune d’un rappeur était à la hauteur de son talent, Jay-Z serait actuellement l’artiste le plus chaud derrière un micro. Pour la sortie de son nouvel album, le légendaire rappeur a décidé de changer les règles. 1 million d’exemplaires de Magna Carta Holy Grail distribué gratuitement via une application sur les Smartphones Samsung, et ce sont les charts entiers qui tremblent. Derrière cette semi-révolution se cache pourtant un album plutôt classique qui ne surprend presque jamais.

On pourrait dire qu’il s’agit de l’album de la maturité pour Jay-Z.  Mari, père, mais avant tout business man, le rappeur ne loupe jamais une occasion de montrer qu’il gère mieux que n’importe qui les coups d’éclat. La maturité, elle est à double tranchant. Elle est certes présente dans le propos, plus mature que jamais lorsqu’il s’adresse à sa fille dans Jay-Z Blue. Pourtant, le manque de renouvellement sur le plan artistique remet en question cette pseudo maturité. Concrètement : ça manque de surprise !

Inutile de passer par quatre chemins, ce n’est pas le meilleur album de Jay-Z. À vrai dire, le rappeur new-yorkais n’a plus grand-chose à prouver. Néanmoins, on ne prendra pas de risque en disant que Magna Carta Holy Grail est supérieur à The Blueprint III sur pratiquement tous les points, même si ce dernier bénéficiait de plusieurs tubes, ce qui manque cruellement à ce nouvel album. En effet, mis à part le premier titre, Holy Grail en featuring avec un Justin Timberlake au sommet de son art, aucun titre ne se détache particulièrement, pas même le duo avec Beyoncé.

On le dit moins bling bling, ce que vient contredire directement Picasso Baby et Tom Ford, deux titres efficaces qui ouvrent l’album de manière on ne peut plus classique. L’occasion de souligner que le discuté Timbaland assure la grande partie des productions de cet album. « Discuté », car le producteur s’est planté sur pratiquement tous les points ces cinq dernières années, jusqu’à ce que sa résurrection se fasse ressentir sur The 20/20 Experience de Justin Timberlake. Bref, nous voilà rassurés. Le beatmaker livre des productions efficaces, à défaut d’être réellement surprenantes.

Les productions sont lourdes, les basses explosent, les cuivres résonnent et tout le monde sera d’accord pour affirmer que c’est une des grandes réussites de cet album. Jay-Z n’a rien perdu de sa hargne derrière un micro, même si certains diront qu’il demeure bien trop sage, et on ne saurait vraiment leur donner tort. Il suffit d’écouter F.U.T.W, Heaven et Versus pour se rendre compte que le rappeur n’a pas tout le temps mouillé le maillot derrière le micro. Conséquence : Jay-Z se fait chier, et nous aussi.

Impossible de nier le fait que le rappeur de Brooklyn s’est très bien entouré pour ce nouvel album. Rick Ross assure sur Fuckwithmeyouknowigotit, Frank Ocean fait un excellent boulot sur Oceans (« I hope my black skin don’t dirt this white tuxedo » Excellent!) et Nas, l’ancien rival de Jay-Z, fait une apparition remarquée sur BBC.  L’album se conclut en beauté sur Nickels And Dimes, et permet de nuancer un parcours musical semé de hauts et de bas, dont la plus part ressortiront sans une égratignure.

Pour un vétéran comme Jay-Z, Magna Carta Holy Grail est un album bien sage. C’est à se demander si la stratégie commerciale n’a pas pris le dessus sur l’œuvre en elle-même. Inutile de bouder son plaisir pour autant, car l’album offre tout de même quelques pistes mémorables qui s’inscrivent sans honte dans la discographie du rappeur. On en attendait tout de même un peu plus. Peut-être trop…

Jay-Z MCHG - VERDICT

Par Sholid le

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