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Life Love & Hope, de Boston

Rock Anachronique

Presque 40 ans que Tom Scholz se fixe la même ligne de conduite : tant que les rouages fonctionnent, autant continuer à pédaler. Depuis 1976, le leader et guitariste de Boston nous sert inlassablement la même formule de hard rock des familles. À l’époque, le groupe partait devant tout le monde, et vendait des dizaines de millions d’albums. C’était vraiment un gros truc. Seulement la formation emblématique de la soucoupe a fait le choix de ne pas avancer d’un pouce. En résulte Life, Love & Hope, un album un peu fainéant venu d’une autre strate temporelle, perdu en 2014.

Scholz le sait pertinemment, la gloire de Boston est largement derrière lui. Dans les 70’s, leurs disques se vendaient littéralement comme des petits pains. Près de 25 millions de copies juste pour les deux premiers opus. À titre de comparaison, les 4 suivants atteindront un difficile 6 millions mis bouts à bouts. Ce déclin, il est avant tout dû à cette décision du leader de camper farouchement sur ses positions. Ce qui sonnait comme du neuf à l’époque résonne aujourd’hui comme les échos kitchs de temps oubliés. Pourtant, plaisir coupable oblige, on doit bien reconnaitre que c’est toujours aussi cool de s’écouter du bon gros Boston. Ils ont beau sacrément se foutre de nos gueules avec leur poignée de titres inédits aux finitions de clochards sur pattes (batterie effacée, réverbération dans tous les sens), beaucoup resteront clients. Parce que Boston c’est Boston, et que ça, ça veut encore dire quelque chose dans ce bas monde. Tout comme les titres Amanda, Rock and roll band et More than a feeling.

La vraie inquiétude venait surtout de la disparition du chanteur emblématique Brad Delp, qui s’est donné la mort en 2007 dans sa maison du New Hampshire. Sa signature vocale vraiment particulière avait tout de suite permis à Boston d’acquérir sa signature musicale tant plébiscitée. Toujours dans ce souci de ne surtout rien bouleverser, Scholz (qui reste aujourd’hui le seul membre originel du groupe) se contente de colmater les fuites, alternant différents chanteurs (dont lui-même), qui ne s’éloignent que bien peu du registre de Delp. Par chance, le disque possède encore son lot de pistes (3 exactement) enregistrées du vivant de la rock star, dont la sympathique I Didn’t mean to fall in love, qui nous plonge tout droit dans une soundtrack sortie des 80’s.

Ce côté anachronique apporte un charme indéniable. Dans un sens, c’est aussi un peu ce qu’on a envie d’entendre. De la catchy ouverture Heaven on Earth, en passant par Sail Away ou Someone, la galette fait taper du pied, bien que l’ensemble reste largement moins couillu que les débuts où le groupe n’hésitait pas à balancer des morceaux transcendantaux de 7 minutes (Foreplay/Longtime). Notons aussi quelques reprises du précédent album Corportate America, sorti en 2002, qui s’avèreraient presque être les meilleures tracks de Life Love & Hope. C’est aussi là le grand malheur de Boston, à obstinément se refuser à l’évolution, ils ont déjà épuisé tout leur registre. De ce fait, le meilleur album de ces dernières décennies, c’est bien le best of.

Boston LLH - VERDICT

Par Random Hero le

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