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Life is Good, de Nas

Nasty Nas-terpiece !

Sur le papier, Nas n’est plus que l’ombre de lui-même. Fraîchement divorcé, il ne lui reste plus que sa fille, le hip hop, sa fortune divisée en deux et ses souvenirs de gloire. Il y a un adage qui dit que la qualité d’une œuvre se mesure au degré de tristesse de son créateur.  Nas relativise. Il prend sa plus belle plume et décide de remettre le hip-hop à sa place. Chronique.

Toujours sur le papier, les craintes sont pourtant là. Rick Ross, Miguel, Swizz Beatz, Mary J. Blige, et Amy Winehouse en featuring, cherchez les erreurs. Seul la présence du talentueux No ID à la production est parvenu à nous convaincre, a priori.

Et pourtant, Life is Good est une pépite, peut être parce qu’il est avant tout sortit de nul part, lâché en pleine saison estivale, soit un suicide pour tout album qui ne contient pas de gros Banger, capable de fédérer autant de biftons que de culs sur les pistes de danse.

Ca commence par une introduction qui donne le ton. No-Introduction: pourquoi se présenter lorsqu’on est une légende vivante ?

Puis là, c’est la claque. La boucherie. L’alchimie parfaite avant tout du à un No ID aux doigts de fées. Loco-Motive et son riff de basse installent une ambiance sombre. L’occasion pour Nas de confesser ses péchés : « I’ve been rich longer than I’ve been broke, I confess ». Le talent, ça ne s’invente pas ! Toujours dans le même registre, on retiendra Accident Murders, malgré un couplet de Rick Ross au flow scandaleux mais à l’incohérence trompeuse.

Puis finalement, on se dit que niveau commercial, le titre Summer on Smash n’est pas si dégueulasse. Même si, honnêtement, on donnerait tout pour que Swizz Beatz ferme sa gueule et reste à son statut de producteur.

On se laisse même conquérir par Cherry Wine, avec la défunte Amy Winehouse au refrain et un Nas qui confie son envie de trouver l’élue de son cœur. C’est mignon et c’est toujours plus recherché que les « Bitch, Suck my dick » à répétition du crew YCMB. Si Nas a clamé « Le hip-hop est mort » ce n’était que pour mieux le ressusciter.

Là, on tape dans des futurs classiques, des morceaux qui ne s’apprécient pas dans la minute mais sur toute une vie. La sincérité de Daughters, avec un Nas en proie aux craintes traditionnelles d’un père, d’une adolescente, reflète une autre tendance du hip-hop, proche de l’école d’Eminem, ou du jeune Kendrick Lamar. L’auteur interprète se confie, et ça marche !

L’album s’achève sur Bye Baby, une conclusion tragique qui signe le divorce de Nas avec Kelis, et les retrouvailles entre le rappeur et l’inspiration. « Half of your soul, Half of your heart you’re leaving behind » rappe l’artiste. Tant qu’il lui reste le talent !
Et c’est lorsque vous pensiez que c’était la fin que la pépite de Life is Good arrive.

Uniquement présente sur les éditions deluxe, Roses est un chef d’œuvre d’ambiance, rappelant presque les méandres  d’un Silent Hill, avec une production digne d’un Yakira Yamaoka. La mélancolie du refrain s’accorde parfaitement avec le flow délaissé d’un Nas, au bord de la dépression, et des lyrics qui concluent parfaitement le pessimisme caché de cet album. La track vaut définitivement les quelques euros supplémentaires qu’on vous demande pour l’édition deluxe.

Si Life is Good n’est pas parfait en tout point, la qualité des productions de No ID (définitivement au-dessus de tout autre producteur), les textes et le flow unique de Nas parviennent à ériger cet album au-dessus de la masse industrielle en cette année fatidique de l’an 2012. Auditeurs, auditrices : jetez-vous dessus, c’est de la bombe en puissance pour vos tympans. « Aight, Good Bye ! »

Life is Good - VERDICT

Par Sholid le

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