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Irreverence, de Dirtyphonics

All hail the kings

Ce sont les notes résonnantes d’un piano lointain qui ouvrent le nouveau bal du Dirtyphonics nouveau. Une mélodie lugubre aux accents draculesque qui annonce l’arrivée imminente d’un disque qu’on aura longtemps attendu de la part de la formation parisienne. 5 années et des maxis en pagailles, les voilà fin prêts à nous inviter dans leur opéra où grandeur et décadence se côtoient, s’admirent, jouent ensemble pour mieux nous emporter dans un tourbillon d’indécence pure. C’est bien simple: vous n’allez pas en croire vos oreilles.

Black, la seconde partie du prélude orchestral de l’Irreverence de Dirtyphonics annonce d’entrée la couleur. Ce sera de l’électro qui tâche, de la dubstep bien sale au service de différentes influences musicales qui partent du métal jusqu’au classique, le tout constamment sublimé par cette matière musicale résonnante qui s’impose comme une marque de fabrique du groupe.

Pas de doutes, le quatuor prêche pour une paroisse de fanatiques du son. Un lieu possédé où la sacro-sainte messe tourne bien vite au pugilat salvateur tant la vigueur des morceaux relève presque de l’extrémisme religieux: on est là pour s’en prendre plein les esgourdes, et on ne nous fera pas de cadeaux ! Walk in the Fire, c’est un peu le baptême violent qui vous remplit les poumons d’eau bénite. 4 minutes 57 de pur scandale où une dubstep des plus acharnées rencontre les riffs d’un morceaux métal à s’arracher les cordes vocales. La monté en puissance est stridente, et le drop tout simplement surréaliste risque bien de vous retourner le cerveau.

Plus classique, le testé et approuvé DIRTY se charge d’assurer une part dubstep bien acide, sans non plus parfaitement s’inscrire dans une continuité logique. Au contraire, l’excellent Chaos lui, reflète une maturité de son qui s’inscrit bien plus dans la démarche presque baroque proposée dans l’album. La monté du drop final avec des chœurs presque bibliques est tout simplement créé pour tuer en live, d’autant plus que la rechute parfaitement maîtrisée n’hésite pas à nous marteler un beat élaboré, presque surchargé, agressif. On en redemande !

Parfaitement dans l’air du temps, Irreverence se paye même 3 featurings de choix que sont Steve Aoki, Modestep, et les désormais incontournables Foreign Beggar pour qui le feat est devenu un sport de prédilection. Et c’est un peu là que le bat blesse.

Qu’on se le dise, si individuellement la qualité est bel et bien au rendez-vous (surtout Modestep & Foreign), les morceaux peinent tout de même à surprendre. En clair, dans No Stoping Us, les Foreign font du Foreign comme on en a entendu 100 fois. Sur Los Angeles, Modestep pousse sa voix de Give Me a Sign sur du beat Dirtyphonics pur jus efficace mais pas transcendant, et enfin, dans Stage Drivers (sérieux rien que le titre quoi…) Steve Aoki nous sert du Steve Aoki habituel: c’est-à-dire de la branlette revival post-Warp qui démontre un manque de renouvellement artistique qui fait peine à voir. Sans conteste la fausse note de l’album.

Au final, c’est bien lorsqu’ils sont réunis que les Dirtyphonics brillent de milles feux. En témoigne l’excellentissime The Mechanism dont la partie chill transcende bien des productions actuelles.

Avec Irreverence, les Dirtyphonics jettent enfin un premier vrai gros pavé dans la marre. Déjà incontournable dans le milieu depuis bien longtemps, les parisiens sacrent désormais leur avènement grâce à un album certes imparfait, mais diablement grandiose et terriblement sale. A écouter d’urgence.

Dirtyphonics I - VERDICT

Par Yox le

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