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îL, de Matthieu Chedid

Nous, on l' M !

Petit prince du calembour, véritable Laurent Ruquier de la chanson française, le schizophrénique Matthieu Chedid, toujours en pleine crise identitaire du haut de ses 40 piges, avait annoncé la couleur il y a quelques mois : son dernier « bébé » sera aux antipodes de ce qu’il a produit jusqu’à présent. Alors…îl est bien ou îl est pas bien ?

Six ans.

Six ans maintenant que Matthieu Chedid se bat avec son double excentrique. Six ans qu’il tente tant bien que mal de se défaire de ce personnage aux tenues flashy et à la coupe Vivelle Dop.

En 2003 déjà, il avait émis cette idée sur l’album Qui de nous deux. Mais ce ne sera que 6 ans plus tard qu’il franchira le cap avec Mister Mystère, premier virage d’une carrière atypique, oscillant entre albums studios rafraîchissants, bandes originales inspirées (Ne le dis à personne, Un monstre à Paris…), Live déjantés (Le tour de M, Les saisons de passage…) et compositions bateaux pour artistes à la dérive (Vanessa Paradis, Johnny Hallyday…).

Second virages donc avec ce îl, qu’il définit lui-même comme tout droit sorti d’une île. Bien lui en a pris de ne pas l’avoir baptisé Trou du…Euh non…j’vais laisser tomber cette phrase en fait…

On débute alors le voyage avec un premier morceau de choix, sobrement intitulé…Elle. Oui, il a osé le bougre ! Un poil longuet, il a le mérite de résumer à lui seul ce qui va nous attendre le long des 12 pistes. Intro lancinante au piano, voix fluette, monté de violons annonçant une entrée guitare/batterie groovy et plutôt efficace, le titre surprend avec l’arrivée d’un solo au clavecin, venu de nulle part, avant de se terminer par une variation sur le thème principal, certes sympathique, mais clairement plus taillé pour le live.

Quoiqu’il en soit, on est vite happé par cette entrée en matière. Et si le reste du périple se hisse au même niveau que cette première escale, la croisière risque d’être mémorable !

Et…c’est là que le disque risque de diviser.

Multipliant les clins d’œil touristiques comme le rappel Machine aux sonorités asiatiques ou encore La maison de Sarai aux accents manouches, îl passe sans cesse de l’inspiration magistrale (Le film , Laisse aller… ) à l’expiration la plus improbable à l’image de Baia, qui semble tout droit sorti d’une compil des Gipsy King ! Troublant.

Saupoudrés ici et là de quelques riffs bien sentis et très typés old school tels Mojo, ou La grosse bombe, et rappelant au passage que Matthieu Chedid est avant tout un rockeur dans l’âme, l’album se termine par une dernière vague baptisée Océan. Hommage électro pop dédié à DJ Medhi, c’est avec l’esprit embué et rêveur qu’on se laisse alors emporter par cette dernière, jusqu’à échouer sur cet îl en compagnie de Ouale, et comme abasourdi d’avoir été témoin d’une traversée aussi bluffante qu’enivrante, orchestré de main de maître par un grand, un très grand artiste.

Indéniablement abouti, tantôt déstabilisant et tantôt rassurant, îl est un véritable coup de cœur. A la fois plus profond et plus personnel, assumant le concept jusqu’au bout, Matthieu Chedid a, avec ce disque, définitivement enterré son alter ego. Et c’est semble-t-il soulagé, débarrassé de toute futilité qu’il nous propose d’embarquer avec lui, en route vers une nouvelle destination. Une invitation au voyage qui ne se refuse pas !

il de M - VERDICT

Par YobSolo le

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