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Ice on the Dune, de Empire of the Sun

Du rêve à la réalité

Personne n’y a échappé, en 2008 Luke Steele et Nick Littlemore marchaient sur un rêve en faisant danser la planète entière. Propulsés par le single Walking on a dream, les yeux du monde s’ouvraient sur ce duo exotique à l’univers fantasmé, coloré et attachant. Au-delà de la simple curiosité musicale, Empire of the Sun c’est avant tout des masques incas improbables et des titres électropop super catchy. Le mainstream, ils le revendiquent et pas qu’un peu: ils l’idolâtrent, l’embrassent à pleine bouche, font un feu et dansent autour. Alors 5 ans plus tard, c’est presque naturellement qu’on retrouve les australiens avec un Ice on the Dune qui va jusqu’à ressembler à une simple succession de singles chargés en rayons ultra-violets. Pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce qu’insolation s’en suive.

Inutile de faire un dessin, Empire of the Sun est à des kilomètres du groupe indé. Les bras grands ouverts, les deux musiciens de l’empire du soleil décident de s’inscrire dans la droite lignée de titres comme We are the People ou encore Standing on the Shore. En d’autres termes, du prêt-à-kiffer pour les foules pieds nus recouvertes de crème solaire. Les titres sont lumineux, harponnant à peu près toute les 30 secondes leurs futures victimes à grand coups de refrains scandaleusement accrocheurs. L’outrage commercial bat son plein, sans jamais tomber dans les bassesses du tube de l’été écouté-assimilé-recraché-oublié en l’espace d’une semaine (une saison pour les plus chanceux). Ice on the Dune danse constamment sur la limite, quitte y basculer de temps à autre, ni vu ni connu.

Contrairement au premier album qui offrait un semblant de variété, Empire of the Sun prend le parti pris du condensé de hits purs. Des ultra accrocheurs DNA et Alive, jusqu’à Awekening, Old Flavours, Celebrate, Surround Love: la tracklist entière respire la positivité, la joie, les refrains enjoués… mais quelle horreur ! Stop ! Arrêtez tout ! Allergiques à la niaiserie, vous risquez bien de ne plus pouvoir retenir le contenu de votre estomac plus longtemps. Vous voyez ce moment où les gens sont tellement heureux que ça en devient malsain? Des synthés résonnants, des cœurs d’enfants, des aigus dans tous les sens… non pas que la formule de soit pas efficace, mais elle aurait gagnée à être plus maitrisée. Moins abondante.

Car il faut bien reconnaitre que l’univers visuel – assurément artistique – du duo fait toujours mouche. L’exotisme ambiant, les tableaux qui prennent vie, l’imaginaire de l’auditeur se défoule, laissant bien volontiers place à tous les délires fantasmagoriques les plus enfouis.

Le vrai problème c’est que, mis à part quelques sonorités exotiques qui servent d’enrobage de luxe, le cœur des tracks reste le même. Les ingrédients sont usés et abusés, et l’illusion peine à se maintenir bien longtemps. Sûrement suffisant pour passer l’été (et c’est déjà très bien), pourtant impossible de ne pas remettre en doute la décision du groupe de s’inscrire dans l’immédiateté, alors que leur univers aurait pu à lui seul en faire une formation hors du temps. On en vient presque à se demander ce qui se passe lorsque que le très bon atterrissage Keep a Watch vient clôturer tout en volupté ce nouveau disque.

Loin d’être une traversée du désert, Ice on the Dune regorge assurément de hits électropop qui vont rester en tête et rythmer les étés. Un univers atypique pour un duo qui s’est malheureusement dirigé vers la facilité, mais c’est peut-être tout ce qu’une grande partie de son public leur réclamait. Vite écouté, vite adulé, mais aussi vite oublié.

Empire of the Sun IOTD - VERDICT

Par Yox le

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