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Il en faut parfois peu pour faire de grandes choses, et l’apesanteur minimaliste à vous en fondre les neurones du premier LP Lucky Shiner paru en 2010 en reste l’illustration parfaite. Et lorsqu’on parle d’ambiant / deep house ou encore de downtempo (appelez-le comme vous voulez), l’exercice qui consiste à détenir la clé de l’équilibre parfait en a fait chuter plus d’un dans les abysses de l’oubli. Parmi ces funambules, le britannique Gold Panda persiste et signe avec Half of Where you live un carnet de voyage qui sonne le début du votre.

Enregistré entre Osaka & Sao Paulo, le producteur électronique jamais en panne d’inspiration s’est nourri de différentes cultures issues des 4 coins du globe pour manufacturer – aussi noblement que modestement – une texture sonore qui n’en ressort que plus humaine.

Que ce soit les bruits exotiques de la track Brazil, ou encore cet incipit en pleine nature de The most Liveable city: le Panda se nourrit d’un environnement riche pour retranscrire une émotion simple, faite de rouages complexes. Le résultat – pour peu que l’on tende l’oreille – donne cette impression assez bluffante de fixer une carte postale à l’autre bout de la planète, fourmillant de milliers de détails comme autant d’âmes s’affairant à leur vie de tous les jours.

C’est cette âme justement, transpirant dans chacune des tracks de l’album, qui empêche le mammifère mangeur de bambou de tomber dans la musique pour lounge bar peu inspirée. Gold Panda peaufine, il dissémine ça et là foule de détails qui font la différence. L’aspect général en ressort paradoxalement minimaliste, ne laissant que quelques notes directrices s’emparer de l’attention, appuyées par ce qui pourrait s’apparenter parfois à de simples bruits de fond. Une grande place est alors laissée à l’imaginaire, à la suggestion, toujours amenée avec une élégance non dissimulée.

Le trip peu paraître spirituel, introspectif. Pourtant, contrairement à beaucoup de productions dans le domaine, le britannique laisse au partage une place prépondérante, tentant, à la manière d’un peintre, de retranscrire une émotion (ou une scène) dont il est le témoin. L’exploit étant bien sûr d’amener un tel storytelling en utilisant la langue de Shakespeare seulement lors de rares incursions. L’occasion cependant pour le musicien de montrer qu’il connaît ses rouages, et qu’il sait aussi de temps en temps embrasser les codes. En tête de liste: les nombreuses répétitions chuchotées sporadiquement d’une voix sensuelle dans An English House, ou encore le drop entraînant de l’anthem Junk City II qui assure la part « efficacité » de l’ensemble.

Et même si le tout peine à pousser vers des sommets, la grâce est touchée à bien plus d’une reprise. C’est notamment le cas avec We Work Nights, un voyage presque chimérique composé de sonorités asiatiques auxquelles ont s’abandonnera bien volontiers.

Il faut bien le reconnaître, il n’est pas rare de se faire royalement chier en écoutant des mélodies downtempo à outrance. Pourtant, en trustant le haut du panier, Half of Where you live apporte ici une touche presque picturale, sans délaisser son côté deep house entraînant. A défaut de nous faire complètement décoller, le Panda parvient à nous accompagner jusqu’au bout du monde. En clair: il reste Gold.

Gold Panda HWYL - VERDICT

Par Yox le

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