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Avec le recul, on peut facilement dire que le premier album de Rustie était une claque. Paru en 2011, Glass Sword renferme à peu près le même taux d’acidité qu’un relent de bile en lendemain de cuite. Condensé de stamina à l’état pur, cet album ne savait jamais où s’arrêter. C’était toujours plus. À croire que le natif de Glasgow se plait dans les extrêmes, jouant sans cesse avec nos nerfs comme nos tympans. Le fait est que son style rétro synthétisé à l’extrême nous menait véritablement de surprise en surprise. On se savait jamais vraiment à quoi s’attendre avant un drop, ni après d’ailleurs. Ce style très particulier, un brin provocateur et diablement excessif est en contradiction directe avec le très timide Russel Whyte. C’est d’ailleurs tout ce qui fait le paradoxe du personnage. Il s’exprime par sa musique. Et aux vues de ce nouvel album, Russel semble encore avoir deux ou trois trucs à nous dire.

Un rapide tour sur Wikipédia plus tard, la notion de Green Language s’éclaircit. Il s’agirait là d’un moyen de communication entre les oiseaux, incompréhensible par l’homme. La clé du langage parfait. C’était donc ça, les flamants roses entrelacés sur la cover, les bruitages organiques récurrents, la vision de la musique comme moyen d’expression universel : tout s’accorde, tout s’explique. La double intro Workship / A Glimpse prend alors tout son sens. Étincelante, cristalline, lumineuse. Un préambule parfait à deux pas de la magie d’un Final Fantasy, qui sert de fil rouge tout au long de l’album. On est bien loin de l’image de drogue dure pour bass-addict, copieusement entretenue par le jeune écossais à grand coup de set électrique. À commencer par cette Boiler Room qui était sérieusement entrée dans les anales.

Green Language ne tarde pourtant pas à renouer avec les éclats de foudre qui ont donné à Rustie sa réputation de boucher. En entrant dans le vif du sujet au bout de seulement quelques secondes, Raptor s’inscrit directement dans la tradition des Ultra Thizz, After Light et autre Surph qui avaient fait les beaux jours de l’album Glass Sword il y a 3 ans. L’agression auditive est totale, éblouissante d’audace. C’est pêchu, ça racle dans tous les sens sans aucune concession. En bref, c’est le Rustie que l’on avait tous envie de retrouver. La surprise vient surtout de cette récidive trap music, qui rappelle le travail d’un certain Hudson Mohawke (lui aussi de Glasgow) sur son projet collaboratif TNGHT avec Lunice. Les grosses basses sont de sorties, taillant une place de choix au flow de Danny Brown sur la très pêchue Attack. Même constat pour la jumpy Up Down (qui finit cependant réellement par agacer au bout de la dixième écoute) ou encore la posée, mais néanmoins très bonne track éponyme Green Language.

De son côté, Lets Spiral rappelle assez furieusement les ballades robotiques de Daft Punk. Les fans de Digital Love seront ravis. Comme sur un nuage chargé en électricité, He Hate Me, Tempest et Paradise Stone font également offices de valeurs sûres. Multipliant les sonorités organiques presque mystiques. Plus que jamais Rustie est sur une autre planète, et ça se vérifie avec la très grande Dream On. On ne sait pas trop si c’est sa montée en puissance glaçante, son aura perdue tout droit venue d’un autre Eden, ou bien tout simplement la production impeccable, mais cette track discrète de 2 minutes 28 parvient à synthétiser l’essence même de cette nouvelle itération de Rustie, qui ajoute au passage de nouvelles cordes à son univers musical. Le nouvel album d’Aphex Twin, et maintenant ça : quoi que l’on en dise, chez Warp Records, on connait la définition d’une rentrée chargée.

Rustie GL - VERDICT

Par Random Hero le

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